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Mayouri Tchô Neg : un rêve américain

Marine Jacques Mardi 6 Septembre 2016 - 21h10

Mayouri Tcho Neg était Invité à représenter la Guyane lors de la grande parade caribéenne de Brooklyn, le 5 septembre. Le groupe carnavalesque n’a pas lésiné sur les moyens pour vivre cette aventure.

A l’heure où cette édition a été mise sous presse, Mayouri tchô nèg n’avait pas bouclé son budget. Bien que leurs partenaires avaient déjà apportés leur soutien, certaines subventions n’avaient pas encore été versées. Le départ pour la grande parade de Brooklyn, à New York, approchait pourtant à grand pas.
« Nous recevrons les dernières subventions à notre retour », espère Pascale Promeneur, présidente de l’association. Une chose était sûre : hors de question de louper ce rendez-vous. Au cours des vacances, les 52 participants se sont activés pour récolter des dons. Ils ont misé sur les animations au Kindal, lors des marchés, et sur le financement participatif. « C’est un challenge ! », s’accordent-ils à dire.
Une soirée touloulou à New York
Quinze jours avant le départ, le budget semblait être la seule déconvenue. Mayouri tchô nèg avait déjà pratiquement bouclé les valises. Les répétitions étaient achevées, les instruments étaient « en train de sécher » et les derniers costumes étaient entre « les mains de fée » d’Ingrid, la couturière.
Mayouri tchô nèg a eu quelques mois pour se préparer. « Les élus nous ont parlé d’une invitation à New York en mars», se souvient Pascale Promeneur. Soit deux mois après la victoire du groupe au Mizik lari 2016, le concours organisé par Guyane 1ère qui promeut la musique carnavalesque.
Les membres ne se sont pas faits prier pour se lancer dans l’aventure. Chacun a donné de sa personne et de ses économies puisque sur les 74 000 euros de budget estimé, 41 000 euros sont des fonds propres. Les répétitions ont eu lieu deux fois par semaine pendant deux mois, sans compter les prestations diverses comme à la fête de Macouria et pour le Podium vacances à Cayenne. Le programme a été aussi intensif qu’en période de carnaval.
« Peut-être qu’on ne reviendra pas… »
Tous ont travaillé dur pour un thème qui leur tient à coeur : les poupées créoles. « Nous voulons affirmer la créolité, mettre en valeur les femmes cayennaises à travers les robes et les bijoux et partager notre culture », détaille Lydia Tran Van Doï. « On est fier de représenter la Guyane », ajoute Jacques Ho-SangFouk, chargé de communication.
Avec un tel thème, la Guyane ne peut passer inaperçue dans les rues de Brooklyn le 5 septembre. D’autant plus qu’au petit matin, à 5 heures, Mayouri tchô nèg organise un vidé avec un groupe de Trinidad. Une soirée autour des touloulou est également au programme, histoire de révéler le charme guyanais aux Américains.
Lydia Tran Van Doï s’y voit bien : « peut-être qu’on ne reviendra pas... », plaisante-t-elle. Le groupe compte également profiter de ce séjour pour faire du tourisme. « Ce sera un super souvenir et c’est le genre d’expérience qui soude le groupe», assure Mylena Lancet, responsable des danseuses. Par le passé, Mayouri tchônèg a eu l’opportunité de participer à la parade tropicale de Paris et à celle du Suriname. Deux voyages qui n’ont pas laissé les participants indifférents. New York est vécu comme un rêve, la plupart d’entre eux n’ayant jamais mis les pieds aux Etats-Unis. Ils partageront leur expérience au retour, à travers un rapport d’activité et, pourquoi pas, lors d’une soirée spéciale. Il faudra ensuite rapidement revenir à la réalité pour préparer le carnaval 2017 qui sera plus long que les années précédentes.   
 
 
Une véritable success story
Si les débuts de Mayouri tchô nèg ont été un peu bancals, le groupe est désormais bien ancré dans la culture carnavalesque de Guyane.

S’il est difficile aujourd’hui en Guyane d’imaginer une parade sans Mayouri tchô nèg, c’est parce que le groupe carnavalesque a su se faire un nom au fil des années. Un premier groupe a été créé en 2010 aux Ames claires, à Rémire-Montjoly. A l’époque, il s’appelait Bwa Kanon. Il a fonctionné une année puis s’est dissout. Les musiciens se sont associés à ceux de Piraye. Ainsi est né Mayouri tchô nèg.
A ses débuts, le budget de l’association était assez mince. « Quand on a commencé à défiler, les costumes n’étaient pas travaillés », se souvient Lydia Tran Van Doï. Le groupe a vécu quelques mésaventures. Les membres se souviennent de l’année 2013. Un problème était intervenu dans la confection des costumes. Les musiciens avaient dû sortir avec les tshirts des sponsors et les danseuses, alors déguisées en fées, défilaient avec des ailes cassées.
Le groupe compte maintenant 151 membres. « On est obligé de refuser du monde chaque année, sinon ce n’est pas gérable d’un point de vue sécurité », explique la présidente Pascale Promeneur. C’est ce qu’on appelle avoir du succès. 
 
 
 
 
La grande parade caribéenne de Brooklyn attire, chaque année, des millions de spectateurs. En 2015, plus de deux millions avaient assisté au défilé. Pour cette 49e édition, les organisateurs espère attirer encore plus de monde. La manifestation a pris naissance en 1920 à Harlem. Elle est à l’initiative des ressortissants de la Caraïbe. Elle est restée confidentielle jusqu’en 1947, date du tout premier carnaval de rue à New York organisée alors par un comité trinidadien
 
 

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