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Vano, une vie en images

Karin SCHERHAG Mardi 03 novembre 2015

Pour France-Guyane, Vano s'est replongé avec plaisir dans ses souvenirs (KS)

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La quatrième édition des Rencontres photographiques de Guyane est entièrement consacrée à l'oeuvre d'Ivan Coupra, plus connu sous le nom de Vano. Avant le vernissage de l'exposition jeudi, le Cayennais a accepté de se livrer à France-Guyane.

S'il a passé sa vie à mettre les autres en lumière, Vano, lui, préfère rester dans l'ombre. Car Ivan Coupra de son vrai nom est un grand timide qui ne se montre plus guère et déteste (faire) parler de lui. « On m'a demandé d'apparaître à la télévision, souffle-t-il au moment de nous recevoir chez lui, dans le quartier de la Madeleine à Cayenne. Mais ça, jamais! Je me suis toujours caché derrière un appareil photo. Je faisais ce que je voulais de mes modèles. Je me sentais fort... »
Avant notre entretien, il prévient aussi Muriel Guaveïa, la co-directrice des Rencontres photographiques de Guyane : « Jeudi (lors du vernissage, ndlr), je ne ferai pas de discours. Sinon, je ne viendrai pas. Mes photos parlent pour moi. » Tout est dit ? Pas vraiment. Car lorsqu'il se sent en confiance, Vano devient bavard. Intarissable même.
Né à Cayenne en 1947, le jeune Ivan est un artiste né. « On ne devient pas photographe, confie-t-il. On naît photographe. C'est un don je crois. » Le jeune homme refuse de reprendre la bijouterie de son père mais, devant l'insistance de son oncle, part suivre des études d'optique dans le Jura. Quand il revient en Guyane, il est embauché chez le seul opticien de Cayenne, Robez Masson. « Je montais les verres dans l'arrière-boutique, se souvient-il. Et puis un jour, on m'a demandé si je voulais faire les photos d'identité. »
Le déclic est immédiat. Car depuis qu'il a vu le film Z, avec Yves Montand, Vano a un rêve secret. « Il utilisait un Nikon à moteur et je me suis dit qu'un jour, j'en aurai un aussi. J'adorais ce bruit clac clac clac clac » (il tente de reproduire le son émis par le moteur). Le photographe restera d'ailleurs toujours fidèle à cette marque d'appareil.
« JE DÉTESTE LE NUMÉRIQUE »
Portraitiste, le Cayennais immortalise la société guyanaise dans ce qu'elle a de vrai, de simple, de beau. Quand son cousin Elie Castor accède à la présidence du conseil général, Ivan en devient le photographe officiel. Et se rend régulièrement à l'Assemblée nationale ou accompagne François Mitterrand au sommet de Rio. Personne n'échappe alors à son objectif. Dans ses rêves les plus fous, Vano est toujours photographe. Mais aujourd'hui, ses anciens appareils sont exposés chez lui, comme dans un musée (une collection impressionnante comprenant même un appareil en bois datant du XIXe siècle). On y trouve aussi ses portraits fétiches et une vitrine abritant de vieux films ainsi que sa carte de presse. « J'ai arrêté, dit-il. Je déteste le numérique, c'est trop facile. Avant, la photographie était une véritable science. Mais je ne regrette rien, j'ai eu beaucoup de chance. »
Un artiste, quatre lieux d'exposition
Cette édition du festival est dite « unifocale » , c'est-à-dire qu'elle présente l'oeuvre d'un seul artiste. Une façon pour les organisateurs de valoriser au mieux le patrimoine culturel guyanais.
 
Pour préparer les expositions qui seront consacrées à Ivan Coupra, l'équipe des Rencontres photographiques de Guyane a dû numériser 18 000 clichés. Car Vano avait eu la bonne idée de conserver l'ensemble de ses négatifs dans des touques. « S'il n'avait pas fait ça, on serait passé à côté de cet artiste » , avoue Muriel Guaveïa. Du 5 au 29 novembre, 200 ou 300 photos du Cayennais seront exposées dans quatre lieux, autour de trois grandes thématiques :
- À l'Encre avec une expo intitulée « Résonances guyanaises. Années 70, 80, 90 » . Des portraits, des balades et une projection de photos « politiques » ;
- Au skate park de Cayenne et à l'Université de Guyane avec « Lumière studio » : des clichés pris dans l'ancien studio photo de l'artiste ;
- Sur les grilles de Guyane 1ère à Rémire-Montjoly, une expo plus petite, « Détails d'une Guyane en changement » .
Cette photo a été prise dans un bar de la Crique, chez Pierrot, où Vano continue à se rendre tous les vendredis midis. Elle sera exposée à l'Encre, avec d'autres portraits et photos politiques (Vano) -
K.S.
PROGRAMME
- Le 5 novembre à 19h : soirée d'ouverture à l'Encre (salle Nora-Legendry) à Cayenne ;
- Le 6 novembre à 18h : conférence donnée par l'historien Serge Mam Lam Fouck, « Sous l'éclairage de Vano : 30 années en Guyane » à l'Université de Guyane (amphithéâtre A) à Cayenne ;
- Du 9 au 27 novembre : visites guidées pour publics scolaires et en insertion du lundi au vendredi, salle Nora-Legendry à l'Encre (uniquement sur réservation) ;
- Le 11 novembre et le week-end du 14 et 15 novembre : atelier photographique « Poétik quotidienne » , animé par Karl Joseph, directeur des Rencontres photographiques de Guyane.

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