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« L’aéroport ne peut pas être privatisé »

Jeudi 13 Juin 2019 - 03h25
« L’aéroport ne peut pas être privatisé »
Olivier Taoumi directeur par intérim de l'aéroport Félix Eboué et Magalie Magne cheffe du service sûreté à l'aéroport - BERNARD DORDONNE

Après le refus de la demande de prorogation de la concession aéroportuaire de la CCI en janvier et face au mutisme du gouvernement depuis, toutes les hypothèses restent possibles concernant l’avenir de Félix-Éboué, y compris une privatisation. Pour son gestionnaire actuel, cette solution n’est pas envisageable.

Le duel entre l’état et la chambre de commerce et de l’industrie (CCIG) concernant l’avenir de l’aéroport Félix-Éboué entre dans une nouvelle phase. Plus de 24 millions d’euros doivent être investis pour mener des travaux de mise en conformité de l’infrastructure (lire notre édition du 16 mai). Afin de financer l’intégralité de ces travaux et de les amortir, la CCIG exige que l’État accepte de renouveler pour cinq ans sa concession aéroportuaire, qui se termine en 2022. Après un premier refus en janvier, le gouvernement devait à nouveau rendre une réponse à la CCIG avant fin mai. Il est resté muet depuis.

Félix-Éboué constitue un monopole de fait

Bien que le gouvernement n’ait pas explicitement dévoilé ses intentions concernant l’avenir de l’aéroport, l’hypothèse d’une privatisation n’est pas à écarter. Pour son directeur, Olivier Taoumi, elle ne semble en revanche pas pouvoir s’imposer. Il s’appuie pour cela sur une décision rendue le 16 mai par le Conseil constitutionnel sur la loi Pacte et en particulier sur la privatisation d’Aéroport de Paris (ADP).

Le Conseil constitutionnel, saisi le 16 avril par plusieurs députés, juge qu’ADP n’est pas un monopole de fait ou un service public national car il est, entre autres « substituable »*. Si cette jurisprudence ne sert pas ADP, elle sert Félix-éboué.

« Le seul moyen de venir ou de partir de Guyane »

« Le Conseil constitutionnel dit que ce n’est pas le poids qui fait qu’on est un monopole de fait mais la substituabilité. Si on applique ce raisonnement à la Guyane, l’aéroport n’est pas privatisable puisque c’est le seul moyen de venir ou de partir de Guyane. Les aéroports se trouvant au Brésil ou au Suriname ne peuvent pas constituer des solutions de substitution, dès lors qu’ils ne sont pas situés dans l’espace européen », analyse Olivier Taoumi, directeur de l’aéroport. Le député Gabriel Serville a par ailleurs envoyé un courrier à la ministre des Transports, le 6 juin, pour l’interpeller sur le sujet.

* Décision 2019-781 DC sur https://www.conseil-constitutionnel.fr.

« Nous ne pouvons pas amortir plus de 24 millions en trois ans et les banques ont accepté de nous prêter, mais au minimum sur huit ans. Donc nous avons demandé à l’état le renouvellement de notre concession pour cinq ans », explique Olivier Taoumi - DR
Olivier Taoumi,directeur de l’aéroport

Si l’aéroport n’est pas privatisable, quelles solutions reste t-il ?

Il reste trois solutions : l’état récupère l’aéroport mais ça veut dire qu’il va devoir investir et le gérer lui-même. Deuxième solution : il reprend et délègue à une société privée qui, elle, ne sera que concessionnaire. Et nous savons, nous, que Vinci, qui était intéressé pour racheter l’aéroport, n’est pas intéressé par une concession […] De plus, politiquement, comment l’état va t-il justifier la privatisation de la gestion de l’aéroport alors que, pour l’instant, la gestion publique n’a pas démérité ? Et il reste ce que nous avons proposé : la concession à la CCIG ou à la CTG, ou la vente à un groupe de collectivités publiques comme ça a été le cas en Corse...

Quelles suites allez-vous donner à ce dossier ?

La ministre des Transports est saisie. Nous allons saisir le Premier ministre et nous adresser au président de la République pour demander un arbitrage politique au plus haut niveau. C’est à eux de nous dire ce qu’ils veulent faire. Aujourd’hui, on est en place jusqu’à 2022. Le gouvernement va être obligé de relancer la consultation en 2020 puisqu’il faut au moins deux ans pour sélectionner des candidats pour de telles procédures. Si on voit que l’état relance la concession, on sera candidat. Si, par contre, il ne la relance pas, ça veut dire qu’il veut privatiser et là, il y aura un combat juridique.

La transition entre les salariés de Rangers et de Galéa est-elle achevée ?

100 % des 93 salariés ont accepté la transition sociale, et ce, sans débrayage.

Propos recueillis par A. G.

Olivier Taoumi directeur par intérim de l'aéroport Félix Eboué et Magalie Magne cheffe du service sûreté à l'aéroport - BERNARD DORDONNE
La compagnie Air Guyane reconduite pour un an

Le lancement d’un appel d’offres pour une nouvelle délégation de service publique (DSP) concernant les lignes de transports aérien intérieur était attendu. Il est encore repoussé d’un an. Une délibération a été prise par la Collectivité territoriale (CTG) pour renouveler d’un an le contrat d’Air Guyane, hier.

« Nous étions dans l’attente d’une réponse de l’état qui nous a finalement été fournie mi-mars et qui confirme que, quel que soit notre scénario, il abondera toujours 1,4 million (d’euros). Il nous faut encore du temps pour que les cabinets terminent les études afin d’établir un cahier des charges pour une délégation de service publique », indique le président Rodolphe Alexandre.

Le financement des billets de ces vols est assuré par un financement commun de la CTG et de l’état. Un billet de Cayenne à Maripasoula qu’un passager résident paie 125 euros coûte en réalité 400 euros environ. Grâce à ce dispositif d’aide mis en place en 2007, le nombre de passagers a doublé mais la CTG doit ainsi investir près de 8 millions chaque année contre 3,5 millions en 2007 alors que l’état a plafonné ses aides à 1,45 million et ne finance que deux lignes.

Le conseiller d’opposition Gauthier Horth, qui s’est abstenu de voter, a des regrets : « La CTG manque d’initiative. La DSP est un mode de gestion qui peut s’entendre mais le rôle de la CTG est d’impulser la dynamique économique et de s’assurer qu’avec son soutien et son support, des investisseurs guyanais puissent prendre le relais, pourquoi pas avec une société d’économie mixte. »

Dans un courrier du 20 mai adressé à Rodolphe Alexandre, la chambre de commerce (CCIG), faisant valoir son expérience dans le domaine, s’est d’ores et déjà portée candidate pour la gestion des lignes intérieures et des aérodromes intérieurs. « Nous avons répondu à la DSP aux conditions financières prévues, soit 8 millions d’euros. Par contre, nous demandons un prêt exceptionnel de l’état pour prolonger les pistes de Saint-Laurent et de Maripasoula, et investir en leasing dans deux avions de transport régional », explique Olivier Taoumi, directeur de la CCIG. En parallèle, la CCIG a lancé un appel d’offres en vue d’une étude de connectivité et de proposition de développement de nouvelles routes aériennes au départ de l’aéroport. Son but est notamment de développer une ligne jusqu’à Macàpà (Brésil) et Paramaribo (Suriname).

A. G.

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2 commentaires

Vos commentaires

973Cayenne 13.06.2019
Honteux

Gestion financière de l'aéroport : opacité et magouilles
Gestion des infrastructures : aucune vision à long terme
Gestion des lignes : aucune stratégie de développement cohérente

Le privé ne pourra pas faire pire. Contrairement à ce qui est dit, l'expérience prouve qu'en général c'est mieux géré par des fonds privés que public !

Répondre Signaler au modérateur
kiki973 13.06.2019
Peut on trouver plus nul ?

Gestion nullarde des parking qui bloque les sorties de passagers et accompagnateurs après les attentes des bagages
Médiocre services de restauration
Allez à F Eboué c'est une souffrance !

Répondre Signaler au modérateur
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