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La course automobile au ralenti

Propos recueillis par Marlène CLÉOMA Samedi 08 septembre 2018
La course automobile au ralenti
Jean-Philippe Tribord, président de l'Asa Équateur (MC)

Le sport automobile ne connaît pas un grand succès dans le département. La troisième épreuve du championnat de rallye se tient demain, à Balata. Le président de l'Association sportive automobile Équateur, Jean-Philippe Tribord, revient sur la place de la discipline en Guyane.

HORMIS L'ASPECT FINANCIER, L'ABSENCE D'UN VRAI CHAMPIONNAT DE RALLYE TRADUIT-ELLE AUSSI UN DÉSAMOUR POUR LE SPORT AUTOMOBILE ?
Il est vrai que l'aspect financier reste un problème majeur, mais je ne parlerai pas d'un désamour du sport automobile. Notre association existe depuis 1993. Depuis, nous organisons un championnat de Guyane de rallye chaque année. Sauf l'année derrière nous avons fait un break par rapport au mouvement social. Ce championnat comprend sept à neuf épreuves par an, de mars à décembre.
ALORS UNE HISTOIRE D'AMOUR COMPLIQUÉE ?
Difficile à dire. Il y a un manque d'intérêt du public, qui peut être dû au nombre de concurrents qui n'est pas assez conséquent pour avoir une manifestation d'envergure. Plus il y a de participants, plus ça va attirer du monde. Mais là encore, le problème financier s'impose, il faut investir dans la voiture, dans les équipements, être aux normes. Après, il faut aller démarcher les partenaires, ce qui n'est pas une mince à faire. Nous essayons d'innover, nous travaillons avec un concessionnaire qui est en train de préparer un véhicule pour le rallye. En espérant que d'autres concessionnaires se laisseront tenter par l'aventure.
POURQUOI L'ENTHOUSIASME EST-IL MOINDRE QU'AILLEURS ?
Aux Antilles ? Ils sont plus intéressés par le sport mécanique. Chez eux, les fanatiques du sport automobile font partie intégrante de l'équipe organisatrice, ce qui est plus compliqué chez nous. Lors des compétitions, les supporteurs viennent en famille, entre amis pour encourager les participants, et les partenaires sont plus sensibles à jouer le jeu.
QUELLE CONSÉQUENCE POUR LES ASSOCIATIONS COMME VOUS QUI TRAVAILLENT DANS LE MONDE DE LA COMPÉTITION ?
On en revient toujours au même problème : il y a le coût, car nous avons des obligations auprès des partenaires qui nous font confiance. Il nous est déjà arrivé de reporter les courses pour des raisons évidentes (absence de pilotes, manque de commissaires ou indisponibilité du copilote...), ça peut être démotivant. N'étant pas de nature défaitiste, nous essayons de mettre en place des moyens pour rendre ce sport plus attrayant.
COMMENT S'EXPLIQUENT CES PROBLÈMES ?
Nous privilégions l'aspect sécuritaire. Si l'un des pilotes n'a pas de commissaire, nous ne maintenons pas la course. Mais la plupart du temps, nous annulons car il manque des pilotes. On ne peut pas faire une course avec 5 voitures, c'est ridicule! Si le public se déplace et que c'est annulé, forcément ils ne seront pas contents.
QUELS SONT LES MOYENS MIS EN PLACE POUR RENDRE ATTRACTIF CE SPORT ?
Nous continuons avec la mise en place des slaloms sur des parking de grande surface pour faire voir le sport. En général, c'est sur une journée ou demi-journée et ouvert à tous. Nous mettons en place également des journées portes ouvertes, des baptêmes de course. Le public a l'occasion de découvrir l'intérieur et les extérieurs des voitures, faire un tour sur la place pour découvrir les sensations... Je suis conscient qu'il faut plus, mais nous travaillons.
L'INTÉRÊT POUR LE SPORT AUTOMOBILE PEUT-IL ÊTRE AMÉLIORÉ ?
J'espère bien! Pour qu'un championnat soit vraiment passionnant, il faut plusieurs équipes. Je suis convaincu que si nous avions 20 équipes, ce serait plus alléchant et plus enthousiasmant.
EN QUOI UN TEL RETOUR POURRAIT ÊTRE IMPORTANT POUR LA GUYANE ?
Tout d'abord moins d'accidents. Il faut savoir que dans le sport mécanique, nous privilégions d'abord la sécurité, la maîtrise de soi et de la voiture. Il est connu que les personnes qui pratique le sport de vitesse ont moins d'accident, une meilleure conduite sur les routes contrairement aux idées reçues. Ils ont connaissance du réel danger. Ceux qui pratiquent la compétition automobile peuvent en témoigner, surtout ceux malheureusement qui ont été victimes de sorties de route.
Rallye demain à Balata
La prochaine manche du championnat de Guyane de course automobile a lieu demain dans le secteur de Balata, à Matoury. La douzaine d'équipages se départagera sur cinq spéciales, courues sur une boucle de 7, 4 km autour du siège de la communauté d'agglomération du Centre littoral (CACL).
Gavin Aimable veut « ouvrir la voie »
Gavin Aimable, pilote automobile (DR)
LE CHAMPIONNAT DE FRANCE GT4 SE DÉROULE CE DIMANCHE À MAGNY-COURS (NIÈVRE). COMMENT VOUS SENTEZ-VOUS ?
Pas trop stressé. J'appréhende un peu quand même car je vais rouler dans une nouvelle catégorie, la GT4. Il y aura une quarantaine de voitures avec plusieurs marques, dont Porsche que je vais représenter. Je roulerais en CD Sport. Ça ne va pas être une course facile mais j'espère terminer dans les huit premiers.
VOUS ÉTIEZ RÉCEMMENT EN GUYANE. COMMENT S'EST DÉROULÉ VOTRE SÉJOUR ? LE PERMIS DE CONDUIRE, OÙ EN ÊTES VOUS ?
Bien! Je suis venu dans un premier temps pour remercier mes sponsors qui me font confiance et leur faire un retour. Et évidemment profiter de ma famille. Le retour aux sources, c'est important. Pour le permis... j'essaierai de le passer cette année, c'est assez compliqué avec mes heures de classe en semaine et mes compétitions en week-end mais je vais faire le nécessaire.
COMMENT AVEZ-VOUS VÉCU VOTRE SUCCÈS AU TROPHÉE DE BRETAGNE IL Y A TROIS ANS, À TOUT JUSTE 15 ANS ?
C'était une fierté, je suis arrivé deuxième. J'ai été remarqué par les médias nationaux, ça faisait plaisir. On se dit que les efforts ne sont pas pour rien. Puis je représente la Guyane c'est une double fierté, j'encourage les Guyanais à persévérer dans la discipline même si ce n'est pas évident pour trouver des sponsors qui veulent suivre. Il faut savoir insister. En tout cas, j'ai envie d'ouvrir la voie.
Propos recueillis par M. C.

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