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Le salon du tourisme fête ses vingt ans

Guillaume REUGE Lundi 16 avril 2018
Le salon du tourisme fête ses vingt ans
La circulation parfois difficile dans les allées du salon du tourisme prouve l'attente des Guyanais pour ce rendez-vous économique et animé (GR)

De vendredi à dimanche, le palais régional omnisports Georges-Théodale à Matoury était en voyage. Le temps d'un salon, près de 8 000 personnes ont arpenté ses allées à la découverte des richesses touristiques de notre belle Guyane.

De l'Office national des forêts aux loueurs de pirogues en passant par les grands voyagistes ou les bijoux de l'espace artisanal, le salon du tourisme de ce week-end était plus que complet. On ne savait pas où donner de la tête au détour des nombreuses allées éphémères dressées pour l'occasion au palais omnisports de Guyane (Progt) à Matoury. Rendez-vous incontournable des Guyanais, le salon a soufflé ses 20 bougies cette année. Et le public a répondu présent : 7500 personnes avaient déjà foulé le tapis rouge dimanche à 17h30 et ce, malgré une coupure de courant qui a quelque peu cassé l'ambiance.
Excursionnistes, hébergeurs, voyagistes et animateurs ont tout fait pour rendre attractif le salon et faire découvrir les trésors de la Guyane. Une profusion qui interroge sur le manque de développement touristique du département. Malgré une grande diversité, le tourisme reste local ou affinitaire et les cris de joie des visiteurs accompagnaient plus souvent le gain d'un billet à destination de Paris et Miami qu'un séjour en forêt. Au moins, il y en avait pour tous les goûts et les curieux ne se sont pas fait prier pour tester un nouveau jus ou un carré de chocolat au cupuaçu. À l'année prochaine!
« Il faut que les Guyanais pensent tourisme »
Sonia Cippe est chef du pôle promotion des marchés Amérique-Caraïbes et Europe auprès du comité du tourisme de la Guyane. Depuis 20 ans qu'elle travaille au comité, sa vision du tourisme est aiguisée. Entretien.
Sonia Cippe : « la Guyane plaît au voyageur au longcours ouvert sur le monde » .
Pourquoi y a-t-il peu de touristes en Guyane ?
Il existe plusieurs types de tourisme comme l'affinitaire qui est celui qui vient rendre visite à un proche. Mais celui dont vous faites référence est le vacancier. Ils sont 20 000 chaque année en Guyane. Je pense que le territoire fait peu parler de lui positivement et que son coeur de cible est spécifique. La Guyane plaira davantage au voyageur au long cours, qui est ouvert sur le monde et curieux plutôt qu'au vacancier qui est dans une consommation rapide.
C'est le rôle du comité du tourisme de la Guyane ?
Notre mission sur un salon comme celui-ci est de sensibiliser la population guyanaise au tourisme. Sans offre, il n'y a pas de demande. Si les touristes viennent mais que l'accueil n'est pas bon, cela ne fonctionne pas, donc il faut que les deux revers de la médaille se nourrissent. Pour moi, cette sensibilisation est en marche mais il faut que les Guyanais pensent tourisme. Il faut exister dans la tête des clients et l'image, la notoriété, l'attracti- vité sont les éléments clefs.
Que peut-on découvrir au salon justement ?
Des stands d'hébergeurs : hôtel, chambre d'hôte, carbet- gîte. Des excursionnistes avec des loueurs de bateaux, les guides de l'ONF, des animateurs : théâtre, golf... pour les gens qui souhaitent faire une activité en plus d'une visite. C'est assez complet.
Cette année, ce sont les 20 ans du salon, y a-t-il des nouveautés ?
L'accent a été mis sur l'esthé- tisme et les animations. Le salon est plus beau que l'année dernière. Il y a un tiers de partenaires en plus qui proposent des jeux avec des lots. L'effort a été porté sur l'attractivité du salon. Dernière nouveauté : l'espace gastronomie pour découvrir et partager des mets locaux. Il est plus conçu comme un restaurant que comme un snack comparé aux autres années.
Recueillis par Guillaume REUGE
Le camp Canopée fait stand mort
Protestant contre le vote préliminaire à l'accord d'un projet minier sur le fleuve Kourou, Lionel Collado, le gestionnaire du camp Canopée, a manifesté sa colère sur son stand du salon du tourisme. Un pendu en carton vendredi, une affiche redirigeant vers une pétition en ligne les autres jours. Il proteste contre un vote serré que la voix du comité du tourisme aurait fait pencher. « Le comité est notre représentant et nous sommes contre ce projet de mine légale sur le seul fleuve qui est un des seuls à ne pas être orpaillé. La Collectivité territoriale de Guyane est contre ce projet et malgré cela, le comité du tourisme a voté pour. C'est incompréhensible. » Lionel Collado a promis une action en justice pour favoritisme et abus de confiance. Liliane Destembert, vice-présidente du comité incriminée par Lionel Collado n'a pas souhaité s'exprimer sur le sujet, précisant que le tempo du salon était mal venu et que huit autres personnes avaient voté en faveur du projet. À suivre dans nos prochaines éditions.
ILS ONT DIT
VISITEURS Julie, 27 ans et Fanny, 27 ans « L'un des événements les mieux organisés en Guyane »
« Le salon du tourisme est un rendez-vous important et un des mieux organisés en Guyane. Cette année, nous avons assisté à des démonstrations de tambours, à de la peinture corporelle amérindienne... Il y a une vraie qualité dans l'offre, comme par exemple le stand librairie. Et puis c'est toujours mieux de discuter avec un interlocuteur plutôt que d'éplucher les offres touristiques sur internet. »
Arletty, 55 ans « À la recherche de nouveautés »
« Je suis une grande voyageuse. Au salon, je suis à la recherche de nouveautés comme l'office de tourisme des Savanes que je ne connaissais pas. Pourtant, je suis une Guyanaise chauvine. Avec tous les prospectus que j'ai récupéré, je vais pouvoir organiser un séjour parfait pour des amis qui viennent en Guyane en août. Dommage que les prix des billets d'avion soient si chers. »
Solène, 21 ans et Terry, 29 ans « Où passer notre prochain carbet entre amis »
« Nous sommes venus au salon pour nous concocter des petits séjours, des week-ends. Nous avons visité les grands classiques de la Guyane : marais de Kaw, îles du salut, Maripasoula... Mais nous cherchons où passer notre prochain carbet entre amis. »
Jocelyne, 45 ans « Agréable de rencontrer les professionnels du tourisme »
« Je suis là pour organiser mes prochaines vacances et trouver des activités sympas à faire. On est en Guyane, mais on ne la connaît pas, on ne prend pas le temps de la découvrir davantage. Au moins, au salon, je peux rencontrer en direct les professionnels du tourisme et échanger avec eux. C'est agréable. »
PROFESSIONNELS Bruno Faivre, fabricant artisanal de hamacs « Pour barouder, il faut du bon matos »
« Globe-trotter chevronné, j'ai conçu, il y a 12 ans, un hamac taillé pour la forêt. Il est résistant à l'eau, léger, et ne pourrit pas car il n'est pas en coton. Le tout est fabriqué localement de manière artisanale pour un prix de 95 euros. Mes clients sont les professionnels de la forêt : chasseurs, randonneurs ainsi que les militaires qui achètent 80% de ma production. Le salon du tourisme est donc l'occasion de faire découvrir mon activité au grand public. »
Philippe Voiron, propriétaire du carbet Blues Road vers Cacao « Jouer la carte du tourisme local et familial »
« C'est important qu'il y ait des prestataires comme moi au milieu des grands professionnels du tourisme. Nous sommes sur une clientèle locale et familiale. Des touristes purs, c'est 10% de mes réservations. La Guyane manque d'attractivité à cause de son image. Pourtant, ce territoire recèle des trésors. Je pense que ce n'est pas impossible de faire comprendre cela au grand public mais il faut plus de volonté politique. »
Manon Lermurier, chargée de communication à l'Office national des forêts « Rendre accessible la forêt »
« Malheureusement en Guyane, en dehors de l'orpaillage et de la répression, l'ONF n'est pas très connu. Pourtant, nous avons plusieurs missions dont celle de l'accueil du public. C'est même une obligation de toutes les forêts soumises au régime forestier. Nous sommes là pour la rendre accessible, en toute sécurité. Nous proposons même une visite guidée sur le sentier des Malgaches, à Saint-Laurent du Maroni. »

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1 commentaire

Vos commentaires

skol973 16.04.2018

Comment peut-on faire venir des tourismes chez nous, si le prix des billets d'avion ne baisse pas. Pour faire la descente du maroni à 5 personnes, il faut dépenser une fortune. Par contre, pour partir à Trinidad et tobago, cela va nous revenir nettement moins cher. Lors d'une émission de radio sur france inter en 1998, on parlait du tourisme vert, pourquoi nos décideurs ne font pas le travail pour attirer les attirer chez nous.

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