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L’Ifsi se reconstruira à l’université

Samedi 04 mai 2019
L’Ifsi se reconstruira à l’université
L’institut de formation en soins infirmiers, dont l’hôpital assure la gestion, va se rapprocher des standards des écoles d’infirmiers - Pierre-Yves Carlier

L’institut de formation en soins infirmiers s’installera d’ici à la fin janvier sur le campus de Troubiran, à Cayenne. Ses élèves auront le statut étudiant. Tout devra être revu : la qualité de l’enseignement, les moyens matériels des étudiants. L’antenne de Saint-Laurent du Maroni va disparaître au profit de places supplémentaires en formation d’aide-soignant et d’auxiliaire de puériculture.

«Si je comprends bien, l’Ifsi revient de loin. » Tout juste nommé directeur de l’hôpital de Cayenne, Christophe Robert a découvert au moins une bonne nouvelle sur son bureau : l’institut de formation en soins infirmiers, dont l’hôpital assure la gestion, va se rapprocher des standards des écoles d’infirmiers de France, de Navarre et d’Outre-mer. Car comme le confie Antoine Primerose, président de l’Université de Guyane, en des termes plus directs : « C’est un champ de ruines. »

Ce « champ de ruines » a fait l’objet d’un rapport de la directrice de l’Ifsi d’Argenteuil (Val-d’Oise). Clara de Bort, directrice régionale de la santé, en a rappelé les principales conclusions dans un courrier à Rodolphe Alexandre, le 13 mars. À l’époque, le président de la Collectivité territoriale (CTG) cherchait encore des locaux pour sortir l’école d’infirmiers du campus Saint-Denis. Agnès Buzyn a mis fin à cette recherche lors de sa visite, début mars. La ministre de la Santé a exigé que l’institut rejoigne l’université. Tant d’un point de vue physique que pédagogique. D’ici à fin janvier, des structures modulables seront installées dans le prolongement du restaurant universitaire, face à la bibliothèque. Les bâtiments définitifs ne sortiront pas de terre avant cinq ans.

Étudiants non inscrits à l’université

Jusqu’alors, au terme de leurs trois années d’études, les étudiants obtiennent un diplôme de l’Ifsi, mais pas de licence. Ils n’avaient pas de carte étudiant. Les frais de scolarité sont « non conformes », rappelle aussi Clara de Bort dans son courrier. Cette inscription à l’université à partir de la rentrée est « une étape majeure », souligne le recteur, Alain Ayong le Kama. Les étudiants bénéficieront des services de l’université : bibliothèque, logements, services informatiques, restaurant universitaires... L’université, qui délivrera les diplômes, aura un devoir de contrôle de la pédagogie. Il y en avait besoin.

Formateurs sous-qualifiés, non-respect du référentiel

L’un des objectifs d’Antoine Primerose est de « faire progresser la qualité de l’encadrement » des étudiants. Le rapport a souligné de multiples lacunes en la matière. Désormais, l’université devra « vérifier la qualité de la formation, le volume horaire et le matériel pédagogique », rappelle-t-il. Les formateurs, recrutés par l’hôpital de Cayenne, devront recevoir l’aval de l’université.

Problèmes administratifs

Le rapport pointe de nombreuses lacunes tant administratives que pédagogiques. D’abord, « l’impossibilité de retrouver le dossier d’autorisation de l’Ifsi et l’absence d’agrément de sa directrice », a noté Clara de Bort dans son courrier . Le recrutement d’un directeur des soins — qui deviendra directeur de l’Ifsi — a démarré. Christophe Robert, directeur de l’hôpital de Cayenne, espère le voir aboutir en août.

Manque de matériel

Les étudiants de l’Ifsi se formait avec les moyens du bord et le rapport pointe un manque de matériel. Clara de Bort cite le cas des torses pour s’entraîner aux injections. Catherine Léo, conseillère territoriale qui suit le dossier, défend l’action de la collectivité : « La CTG a toujours octroyé la dotation de l’Ifsi à son gestionnaire, le Char. À charge au Char de remettre à niveau les équipements pédagogiques. »

Changement à Saint-Laurent

À la rentrée, il ne sera plus possible de devenir infirmier en étudiant à Saint-Laurent : les deux formateurs s’en vont. Les étudiants devront donc venir à Cayenne. En revanche, l’école demeure pour former les futurs aides-soignants et auxiliaires de puériculture. Avec l’an prochain 30 places pour la formation d’aide-soignant, contre 15 jusqu’à présent.

Tous ces chantiers doivent améliorer la réussite des étudiants. Depuis 2012, les trois quarts ont redoublé. Leurs études, prévues sur trois ans, s’éternisaient et empêchaient l’arrivée de nouveaux élèves. Or, la demande est élevée, tout comme les besoins de professionnels : cette année, plus de 800 lycéens ont choisi l’Ifsi de Cayenne sur Parcoursup. Ils seront 80 en première année à la rentrée, puis 90 en 2020 et 100 en 2021, contre 60 jusqu’à présent.

Pierre-Yves CARLIER

Davantage de places en médecine

Voici une autre bonne nouvelle pour les étudiants des filières de santé : davantage de Guyanais seront admis à l’issue de la première année commune aux études de santé (Paces). Il s’agit du fameux numerus clausus, dont la modification a été arrêtée le 16 avril. À l’issue de cette première année, qui compte 120 étudiants cette année, ils étaient 12 de l’Université de Guyane (UG) à passer en deuxième année. Ils seront 20 cette année. Deux étudiants pourront poursuivre en dentaire et deux en pharmacie, contre un jusqu’à présent, ainsi que quatre pour l’école de sage-femme au lieu de deux. Reste le problème du niveau des étudiants guayanais sélectionnés. Il est régulièrement mis en cause par des professionnels de santé. Antoine Primerose, président de l’UG, en est conscient. « C’est pourquoi nous avons mis en place, avec l’ARS, une convention de soutien. » L’Agence régionale de santé verse 100 000 euros à l’UG qui organise des cours de soutien qui se veulent l’équivalent des prépas privées qui fleurissent sur le perron des facs de médecine de l’Hexagone.

Urgences

PHARMACIES DE GARDE

CAYENNE. Appeler le 0694 44 07 27.

KOUROU. Pharmacie du Lac, 11, impasse Toutouri. Tél. : 0594 32 17 66.

SAINT-LAURENT DU MARONI. Pharmacie du Lac Bleu, 51, allée du Lac. Tél. : 0594 34 48 90.(de samedi midi au samedi midi suivant).

MéDECINS DE GARDE

CAYENNE. Garde des médecins libéraux à côté des urgences de l’hôpital.

SAINT-LAURENT DU MARONI. Samedi et dimanche, Dr Reyara. Tél. : 0594 34 12 20.

L’école d’infirmiers du campus Saint-Denis rejoindra l’université et s’installera dans des structures modulables / photo PYC

Qui fait quoi ?

Hier matin, un protocole a été signé entre la Collectivité territoriale (CTG), l’Agence régionale de santé (ARS), l’Université de Guyane (UG) et l’hôpital de Cayenne (Char). Il doit aboutir à une meilleure formation des élèves infirmiers. Chacun a un rôle bien précis à l’institut de formation en soins infirmiers (Ifsi).

La CTG, financeur de l’Ifsi, octroie les dotations de fonctionnement de l’institut. Elle a également présidé à sa création.

Le Char est le gestionnaire de l’école. Il le fait fonctionner avec les moyens attribués par la CTG. Il recrute également le personnel.

L’ARS est chargée de contrôler le suivi des programmes et la qualité de la formation.

L’Université valide les diplômes et, à l’avenir, fournira ses services aux étudiants. Elle doit donc également s’assurer que la formation correspond aux standards des écoles d’infirmiers.

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