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La grève fragilise les finances du centre hospitalier de Kourou

Jeudi 10 Janvier 2019 - 03h25
La grève fragilise les finances du centre hospitalier de Kourou
Le conflit qui perdure depuis plus d'un mois n’a pour l’instant débouché sur aucune résolution. Cette situation de statut quo pénalise l’accès aux soins pour les kourouciens. - Aurélie Ponsot

Depuis un mois, le centre hospitalier de Kourou est en grève, ce qui entraîne plusieurs dysfonctionnements.Le point avec le directeur, Christophe Robert.

Qu’en est-il de la prise en charge des patients ?

La première conséquence de cette grève est l’arrêt des consultations ou des opérations de chirurgie froide, qui rentrent dans le cadre d’un suivi médical. Toutes les activités dites programmées sont décalées car seules les urgences fonctionnent. Certains patients ont dû attendre des mois avant d’obtenir un rendez-vous qui au final est annulé, faute de personnel. Les médecins de l’hôpital sont très inquiets devant cette situation qui s’enlise, car ils ont des obligations déontologiques envers leurs patients. Une opération programmée repoussée plusieurs fois peut vite devenir une urgence et engendrer des séquelles. 

Quelles sont les conséquences pour les finances de l’hôpital ?

Les deux points forts du CHK sont le service urologique, le seul pour toute la Guyane, et la chirurgie orthopédique. Du 10 au 31 décembre, nous avons perdu à peu près 470 000 euros pour la chirurgie programmée et les pertes financières ne sont pas encore chiffrées pour ce qui concerne les urgences et les consultations externes. Un grand nombre de patients soignés dans ces deux catégories n’ont pas été enregistrés correctement vu que le bureau des entrées était fermé. Il sera difficile de les retrouver et de leur envoyer des factures.

Pour pallier ce problème, nous venons de former des agents des ressources humaines qui travaillent désormais au bureau d’accueil.

Cette grève a-t-elle un impact sur l’approvisionnement du matériel médical ?

Les portails devant l’entrée de l’hôpital ont été cadenassés durant quatre semaines, ce qui a empêché les camions d’approvisionnement de rentrer. Il manque donc du matériel de soin.

Un autre problème majeur est le traitement du linge sale. L’hôpital a failli refuser des patients ce week-end, à cause d’un défaut de draps propres car des corbeilles disparaissent.

Ces incivilités, qui sont peut-être le fait d’un petit nombre de grévistes, pénalisent directement les patients.

Propos recueillis par Aurélie PONSOT

Christophe Robert, le directeur du CHK -
Antoine Karam demande « un peu de respect » à la directrice de l’ARS

Le sénateur Antoine Karam a décidé qu’il n’ira à aucune discutions à l’Agence régionale de santé (ARS) après l’annulation de la réunion prévue mardi après-midi au centre hospitalier de Kourou (CHK) avec la nouvelle directrice de l’ARS, Clara De Bort.

« Je demande un peu de respect pour les élus de ce pays », confie le sénateur. Antoine Karam explique sa décision.

« Une réunion devait se dérouler mardi matin à Cayenne. J’ai demandé qu’elle se déroule, par principe, au CHK, sur le lieu du conflit. Comme je ne pouvais pas le mardi matin car je devais auditionner le préfet dans le cadre de la politique d’évaluation des politiques de l’État en Outre-mer, les dirigeants de l’ARS ont fixé la réunion à 14h30 au CHK. Vers 13 heures, j’ai pris la route pour Kourou avec le vice-président à la Collectivité territoriale, Jean-Claude Labrador. Son téléphone a sonné à 14h20. La directrice de l’ARS lui a annoncé qu’elle ne viendrait plus à la réunion parce qu’il y a eu des actes de malveillance », raconte le parlementaire.

Une annulation de dernière minute qui n’a pas plu au sénateur de Guyane.

« Elle aurait pu nous appeler une heure avant que l’on soit à Kourou et on aurait pu discuter. Lorsque nous sommes arrivés au CHK, la directrice était au téléphone avec Jean-Claude Madeleine, le maire de Sinnamary. Ce dernier a annoncé ma présence. La directrice a demandé à nous voir, mais à l’ARS. Ce qui nous a tous choqués, c’est que, à peine assis dans la salle de réunion, on a vu arriver le communiqué de l’ARS expliquant l’annulation de la réunion. Nous avons conclu que ce communiqué avait été préparé plus d’une heure avant notre arrivée à Kourou. »

B. D.

La ministre de la Santé répond  non

Dans un courrier daté du 8 janvier, la ministre de la Santé, Agnès Buzyn, a apporté une réponse au celui envoyé le 27 décembre par les députés, les sénateurs, le président de la Collectivité territoriale et le maire de la ville de Kourou concernant la situation du centre hospitalier de Kourou. Sur la question des modalités de reprise de l’ancienneté des salariés et le maintien des salaires, la ministre explique « qu’aucune dérogation n’est fondée  ». Sur le point de la dérogation aux textes qui régissent les astreintes, elle s’oppose à la proposition qui consiste à majorer de 40  % de vie chère les astreintes et à les intégrer dans le calcul de l’indemnité compensatrice. «  Je ne peux autoriser de telles dérogations et exposer l’administration et les salariés à des risques juridiques majeurs, avec les risques associés de demandes de même nature venant d’autres territoires . »

Concernant la question de la subvention annuelle de 500 000 euros du Cnes, la ministre a demandé à ses services de se rapprocher du centre spatial pour expertiser le cadre juridique d’une telle subvention à un centre hospitalier.

Suite à ce courrier, les politiques guyanais se sont concertés hier soir dans l’optique de faire une réponse commune à la ministre.

Jean-Jacques« On m’a dit de venir avec mes propres draps »

« L’accueil n’est pas agréable. Les chambres ne sont pas propres et on m’a même dit de venir avec mes propres draps. Je soutiens les grévistes à 100  %. Je pense que la CTG, le maire et les élus doivent agir vite. Les revendications sont logiques, les promesses lors du passage au public n’ont pas été tenues. La direction doit être sage et écouter les doléances du personnel. »

Jimmy « On a passé toute la nuit aux urgences »

« Ma copine est venue pour des palpitations vers minuit. Elle n’a été vue par un médecin que vers 2 heures du matin, et nous sommes finalement repartis vers 5 heures. On a passé toute la nuit aux urgences, à cause de cette grève. »

Debrit « Ça peut m’abîmer les reins »

«  J’avais un rendez vous en urologie en décembre, mais il a été annulé. J’ai une sonde, que l’on devait m’enlever et, du fait de cette annulation, je fais des infections et ça peut m’abîmer les reins. Le médecin est désolé, il n’a pas pu intervenir comme il voulait à cause de la grève. Je suis venue aujourd’hui et il a trouvé une solution pour m’enlever la sonde lundi, en urgence. »

Mathilde « Il faut assurer un service continu »

« Ma consultation en chirurgie a été maintenue et j’ai pu faire mes formalités rapidement. On m’a même donné un rendez-vous la semaine prochaine. Je soutiens cette grève, je pense qu’ils ont raison, mais il faut aussi que l’hôpital puisse assurer un service minimum et continuer de fonctionner normalement. »

Propos recueillis par A. P.

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1 commentaire

Vos commentaires

Paassy 10.01.2019
Elus scélérats

Les patients souffrent de cette grève, mais pas grave, les élus persistent à soutenir les grévistes qui exigent plus de droits et avantages que la loi l'autorise : c'est ahurissant !
Les élus de Guyane ne travaillent pas pour l’intérêt général mais défendent des corporations qui pratiquent un chantage permanent aux dépends de la population.
On en a marre de ces élus démagogues qui ne nous représentent pas.

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