France-Antilles et ses partenaires utilisent des cookies pour le fonctionnement de leurs services, réaliser des statistiques d’audience, proposer des contenus et publicités personnalisés. En utilisant ce site, vous consentez à cette utilisation. En savoir + et gérer ces paramètres. OK
  • Actualité
  • - Éducation / Santé / Environnement
  • S'abonner aux flux RSS de France-Antilles.fr
  • Partager cet article sur Facebook
  • Partager cet article sur Twitter
  • Partager cet article sur LinkedIn
  • Partager cet article sur Google +

Les ambulanciers tirent la sonnette d'alarme

Bernard DORDONNE Vendredi 01 juin 2018
Les ambulanciers tirent la sonnette d'alarme
Les ambulanciers profitent de la démission des urgentistes de l'hôpital de Cayenne pour faire entendre leurs revendications (photo d'archives)

Les ambulanciers ne sont pas payés par la direction de l'hôpital de Cayenne pour le transport des malades non couverts par la Sécurité sociale. Ils le font savoir.

À la démission des 17 médecins urgentistes du centre hospitalier Andrée-Rosemon (Char) de Cayenne, vient s'ajouter le problème des sociétés d'ambulances de la Guyane : elles ne veulent plus assurer les transports des patients qui ne disposent pas de carte vitale -donc qui ne sont pas pris en charge par la Sécurité sociale- car l'hôpital ne les paie plus.
Il faut savoir que tous les patients qui n'ont pas de couverture sociale lorsque le Samu appelle une ambulance pour une urgence ou bien pour un transfert de Cayenne à Saint-Laurent ou encore de Cayenne à Saint-Georges. C'est toujours le commanditaire qui doit payer, c'est-à-dire le centre hospitalier à qui la société d'ambulances remet la facture.
Selon des témoins, le problème s'est posé plusieurs fois en avril mais aussi en mai. En effet, au début du mois d'avril, un malade d'origine brésilienne, qui aurait dû être transporté allongé jusqu'à Saint-Georges pour ensuite rejoindre l'hôpital de Macapa au service de neurochirurgie où sa famille l'attendait afin s'occuper de lui, a voyagé avec une perfusion dans le bras dans un taxi collectif.
D'autres cas se sont présentés et cette situation a choqué le corps médical, les personnes qui se trouvaient aux urgences. Pour certains malades, une quête a été organisée pour récupérer la somme afin de payer le voyage. Un témoin confie qu'un malade non couvert par la Sécurité sociale qui avait le fémur et le bassin cassés, est resté plus d'un mois dans un couloir de l'hôpital car il fallait obligatoirement une ambulance pour le transport et que les sociétés d'ambulances refusaient de le faire.
« JE SUIS TOMBÉ MALADE À CAUSE DE CES PROBLÈMES DE PAIEMENT »
Les explications des responsables des sociétés d'ambulances agréées sont sans ambages. Selon Christian Wong, de la société d'ambulances de Saint-Georges, le non paiement de l'hôpital a failli le tuer et a fragilisé son entreprise. « Je suis tombé malade à cause de ces problèmes de paiement. En 2015, on a dû m'évacuer dans l'Hexagone car avec toute cette pression, je n'étais pas bien, confie-t-il. J'ai entendu aux informations la directrice de l'hôpital dire que l'argent, ce n'est pas un problème et pourtant dans ma société, c'est toujours un problème. Cela fait un moment que l'hôpital ne nous ne paie pas, depuis presque quatre ans. Et pourtant, l'hôpital continue à nous demander d'effectuer les transferts en nous menaçant de non-assistance à personne en danger. Entre-temps je dois payer les charges, les salaires, l'essence. »
Et Christian Wong d'ajouter : « Je dois 110 000 euros de charges patronales à l'Urssaf. Aujourd'hui, l'hôpital me doit plus de 50 000 euros. Presque tous les jours, on doit descendre à Cayenne avec des gens sans Sécurité sociale, jusqu'à maintenant, on n'est pas payé. Les urgences passent par le Samu, et comme c'est le Samu qui nous appelle, on ne peut pas dire non. C'est le protocole. Quand on me demande de faire un retour de patient sans papier sur Saint-Georges, il faut le déposer à Oiapoque au Brésil. Je sors de ma poche pour payer la pirogue et l'hôpital n'a jamais pris en compte ce transport maritime. On continue à alourdir la dette de l'entreprise sans savoir quand on va être payé. Et je dis que prendre rendez-vous avec la directrice de l'hôpital, c'est comme prendre rendez-vous avec le président de la République, on n'arrive pas à l'avoir. Je considère que les transports doivent être faits dans les règles. Je ne négocie pas avec la santé des patients. Il y a un protocole, je respecte ça » , poursuit Christian Wong qui envisage une action forte dans les prochains jours.
« LES AMBULANCIERS SONT DES LAISSÉS-POUR-COMPTE »
Pour Yonnel Louison, patron des ambulances qui portent son nom, c'est l'incompréhension : « Je ne comprends pas comment l'hôpital ne peut pas payer les ambulanciers, surtout que de l'argent lui a été attribué et de plus, l'Agence régionale de santé (ARS) leur a donné 1 million. Les ambulanciers sont des laissés-pour-compte et depuis des années. Cela fait 28 mois que je ne suis pas payé par l'hôpital » , explique-t-il.
À propos du transfert d'un patient de Cayenne à Saint-Georges début avril, Yonnel Louison a été la seule personne qui ait répondu oui. « J'ai demandé à l'hôpital avant que je fasse le transport de signer un document disant que je serais payé de suite. Pour ce patient, on a pris rendez-vous deux fois de suite, et pour le troisième rendez-vous, j'ai dit qu'il n'était pas question que je l'emmène s'il n'y avait pas de document qui détermine que je serais payé dans les 15 jours, voire un mois. Etant donné qu'ils ne peuvent pas me fournir ce document, je n'ai pas fait le transport » , déclare le chef d'entreprise avant d'ajouter : « Si nous ne sommes pas payés, il y aura de plus en plus de personnes non couvertes dans le couloir des urgences de l'hôpital. »
Gérard Francourt, un des responsables du syndicat des ambulanciers, affirme que l'hôpital de Cayenne lui doit 35 000 euros. « La dernière réunion que nous avons eue avec l'ARS, on nous a dit que l'hôpital n'avait pas d'argent. J'ai alerté le directeur de cabinet du préfet pour lui dire que les ambulanciers sont en souffrance, il m'a dit qu'il y a 46 millions qui ont été débloqués pour l'hôpital. On ne nous fait que des promesses » , souligne le syndicaliste, dépité.

Pour transmettre un commentaire, merci de vous identifier (ou de vous inscrire en 2min)

Mot de passe oublié?
Inscription express
3 commentaires

Vos commentaires

skol973 07.06.2018

La Guyane personne ne vous croira. Il y a les ambulanciers, bientôt ce sera les CUI Vie Scolaire et ceux de la CTG qui ne seront plus renouveler à la rentrée scolaire de septembre prochain, sauf les CUI AESH. Le pays a été bloqué durant 2 mois en mars 2017 et je constate que la fusée décolle mais la Guyane, ne décolle toujours pas mais elle continue de mourir à petit feu.

Répondre Signaler au modérateur
mica 07.06.2018
Une question?

pour le prénom et le nom de l'ambulancier n'y a-t-il pas une erreur?

Répondre Signaler au modérateur
kiki973 07.06.2018
Ambulanciers des anges ?

J'ai eu le malheur de demandé une ambulance à l'hôpital de Cayenne pour rentrer chez moi à Kourou après une coloscopie.
Passé une longue attente, l'ambulance m'a pris en charge avec plusieurs hospitalisés. J'ai "visité" de nombreux quartiers de la ville capitale où je n'avais jamais mis les pieds. Les voyages à grande vitesse et en conduite sportive m'ont obligé à écouter la radio de l'ambulancier avec des pauses téléphones pour connaître la vie tumultueuse de ce chauffard. Mon supplice à continuer après le dépôt de l'avant-dernier hospitalisé quand ce pied-nicklé a pris la route de la vie spatiale à 120 km heure, des propos relevant de la psychiatrie sur fond de radio Boum-Boum m'ont fait sortir défénitivement de l'anesthésie. Je ne saurais décrire mon supplice mais l'intéressé m'a laissé sa carte de visite en me précisant qu'il était préférable de l'appeler sans passer par l'hôpital de Cayenne.
La Guyane dite française ressemble à...Et je comprends mieux pourquoi ma charmante épouse authentiquement Guyanaise me réclame un billet d'avion pour aller faire des soins en France hexagonale.

Répondre Signaler au modérateur
L'info en continu