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JUSTICE

Assises : les personnalités des accusés et leurs versions des faits passées au crible

Samir MATHIEU Jeudi 06 septembre 2018

Le troisième jour de procès du braquage sanglant de Sinnamary s'est tenu hier devant les assises de Guyane. La journée a été marquée par les témoignages et interrogatoires des deux accusés.

La présidente de la cour d'assises Micheline Benjamin a passé au crible les personnalités des deux accusés. Il a ainsi été rappelé que Jean-Michel Fransman avait 19 ans au moment des faits en juillet 2015. Il a été décrit comme quelqu'un de « gentil » , de « calme » et « pas violent » par sa soeur. Sa mère estime qu'il se laisse influencer et qu'il est « un peu feignant » . Des traits de caractère qu'a confirmé l'accusé lors qu'on lui a donné la parole. Son père pour sa part dit qu'il n'est « pas méchant » . Le principal du collège où il a été scolarisé a expliqué qu'il souffrait d'une carence éducative et d'un décrochage scolaire. Le principal qui a rajouté aux enquêteurs que vu ses fréquentations, Fransman allait mal tourner.
« QUELQU'UN DE NORMAL, GENTIL... »
La présidente a rappelé le passé judiciaire de l'accusé. Il a trois condamnations à son actif, dont une alors qu'il était encore mineur, pour vol aggravé. Jean-Michel Fransman en revanche a un parcours exemplaire en prison. Il n'a causé aucun problème. Mais il n'a aucune visite de sa famille. Toutes ses demandes de remises en liberté ont été rejetées. Hier il a expliqué que la vie à la prison était particulière dure. La personnalité d'Endrico Dechesne a aussi été scrutée à la loupe. Il a été fait état de son lourd passé judiciaire avec huit condamnations inscrites dans son casier, et une condamnation en appel aux assises en 2016 à 25 ans de réclusion criminelle dans l'affaire Clet. Endrico Dechesne qui a été confronté à la justice dès ses 16 ans. À la barre, ce père de deux enfants s'est décrit comme « quelqu'un de normal, de gentil, comme tout le monde » , mais qui n'est pas du genre à se laisser faire. En prison, Endrico Dechesne est reconnu pour être quelqu'un avec une forte personnalité et qu'il a un certain ascendant sur ses codétenus. Il a expliqué qu'il faisait comme il pouvait mais qu'il n'y avait pas de réinsertion possible dans cette prison.
ENDRICO DECHESNE OU MAD PETER ?
Jean-Michel Fransman et Endrico Dechesne ont été ensuite longuement interrogés sur les faits. Comme il l'a fait depuis lundi, Jean-Michel Fransman a dédouané son co-accusé. Tout au long de la journée, il a ainsi expliqué qu'il avait menti au cours de l'enquête. « J'ai menti pour tout mettre sur le dos d'Endrico Dechesne » a répété à plusieurs reprises Jean-Michel Fransman. Le jeune homme d'expliquer qu'il avait menti pour « se protéger » . Sur la soirée du 29 juillet, il a expliqué qu'il avait bu de l'alcool et pris de l'ecstasy. Il a reconnu avoir frappé la jeune fille à plusieurs reprises avec le marteau, mais il ne s'en explique pas la raison. « Je ne sais pas pourquoi j'ai fait ça.
Ce n'était plus moi » a t'il indiqué devant la cour. Il a aussi indiqué qu'au départ il devait juste « faire le guet » , et ne devait pas rentrer. Il n'a pas su expliquer pourquoi il avait finalement pénétré à l'intérieur de la supérette ainsi que le déferlement de violence qui a eu lieu.
UN BRAQUAGE POUR 300 EUROS
Sur le motif, Jean-Michel Fransman a évoqué le besoin d'argent pour aller voir sa copine. Le braquage lui aurait rapporté 300 euros qui lui ont été remis par son complice. Un complice qui serait en fait un certain Mad Peter. L'avocat général Yoland Labonne a demandé comment savoir Fransman disait la vérité, puisqu'il a passé la journée à dire qu'il avait menti tout au long de la procédure. « Il faut me croire » a simplement rétorqué l'accusé.
Endrico Dechesne a passé un long moment à la barre pour répondre aux questions de la présidente, de ses assesseurs, mais aussi de l'avocat général, de la partie civile et de l'avocat de la défense. Il a évoqué un « complot » à son encontre. Selon Endrico Dechesne l'instigateur des faits est un jeune de Sinnamary, qui a témoigné contre lui mardi aux assises. Il a juste reconnu sa participation aux repérages avant le braquage. « Je n'ai aucun rôle dans la commission des faits » a t'il martelé à la barre. « Quand il y a quelque chose de mauvais à Sinnamary c'est toujours sur moi qu'on tombe » s'est-il indigné auprès de la présidente. Ce jeudi, les avocats vont effectuer leur plaidoiries avant un verdict attendu pour la fin de journée. Les deux accusés encourent 30 ans de réclusion criminelle.
La famille d'Endrico Dechesne réagit
Plusieurs membres de la famille d'Endrico Dechesne assistent au procès depuis lundi. Il y a notamment sa mère et sa grand-mère, venues tout spécialement de Sinnamary. Une famille soudée derrière Endrico Dechesne. Et elle a vivement réagit aux propos qui ont été tenus mardi à l'audience où plusieurs témoins ont accablé Endrico Dechesne. Les membres de la famille estiment que ces gens là ne sont pas honnêtes, qu'ils sont « complices » dans cette affaire et qu'ils auraient du être jugés. La famille déplore les qualificatifs qui ont été utilisés pour décrire Endrico Dechesne et estime qu'il est « victime d'une justice à deux vitesses » , car selon elle plusieurs personnes qui « étaient présentes avec lui le soir des faits » n'auraient pas été auditionnées.

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4 commentaires

Vos commentaires

caracara 07.09.2018

Dans la plaidoirie, les avocat vont une fois de plus rabâcher leurs éternel refrain : ils ont eu une enfance malheureuse, le père buvait et la mère se prostituait. Il fallait bien qu'ils vivent.

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René 06.09.2018
Victime

Impliqué dans deux braquages sanglants et victime à la fois ?
On finira par comprendre d'où vient le mal.

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mica 06.09.2018
Le gros soucis

Quand il y a un fait divers avec plusieurs mis en cause c'est très difficile de déterminer qui a participé ou blessé les victimes.Des versions contradictoires,à la fin les condamnations à cause du bénéfice du doute sont légères.C'est lui,non j'ai menti etc,etc.Il y a les résultats scientifiques,le témoignage des victimes que l'avocat de la défense essaye de démolir,mais les victimes dans tout cela ont l'impression qu'elles sont coupables,agressées une nouvelle fois.Conclusion Endrico pour sa famille est une victime de la justice,sur qui tout retombe,accusé à tord par des gens méchants,jaloux.C'est dommage pour ces commerçants,attendons la fin du procès,rare sont les familles qui accusent leurs proches,"il n'est pas méchant,il est serviable etc,etc"jusqu'au jour où....

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joko973 06.09.2018

Si ces deux malfrats sont "gentils", la famille qui les a éduqués a de sérieux problèmes. Un tribunal n'est pas là pour chercher des excuses aux accusés mais pour juger les faits. Sinon, on pourrait aussi parler de la vie des victimes, avant et après le braquage...

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