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Maroni : des chasseurs s'opposent au barrage de Kayodé

Marine JACQUES Samedi 05 mai 2018
Maroni : des chasseurs s'opposent au barrage de Kayodé
De gauche à droite : Rodrigue Daniel, Firmin Madère et Achille Roger, membres de l'association Dent de sabre amazone et du collectif des chasseurs de Guyane (Ramon Ngwete)

Les gendarmes effectuent des contrôles au niveau du village Kayodé, sur le Haut-Maroni, dans le cadre de la lutte contre l'orpaillage illégal. Selon des membres du collectif des chasseurs de Guyane, des Amérindiens se voient bloquer le passage car ils ne possèderaient pas de documents conformes à la réglementation.

Rodrigue Daniel, Firmin Madère et Achille Roger, membres de l'association Dent de sabre amazone et du collectif des chasseurs de Guyane, dénoncent les contrôles effectués sur le Maroni, au barrage dressé à hauteur du village Kayodé dans le cadre de la lutte contre l'orpaillage illégal. Ce barrage filtrant est censé arrêter les orpailleurs et empêcher l'approvisionnement des sites illégaux. Sur place, les gendarmes demanderaient, à chaque embarcation, à contrôler plusieurs documents dont le permis fluvial et le numéro d'identification de l'embarcation. « Les Wayanas (peuple amérindien) ne maîtrisent pas l'écriture ni la langue mais on leur demande quand même le permis fluvial » , déplore Rodrigue Daniel. « Ils connaissent mieux le fleuve que quiconque, on ne peut pas leur apprendre à naviguer » , ajoute Firmin Madère.
« POURQUOI EMPÊCHER LES WAYANAS DE PASSER ? »
Si ces derniers dénoncent ces contrôles, c'est parce que les Wayanas, qui ne possèderaient pas les documents, se verraient bloquer l'accès à la zone de chasse et de pêche située de l'autre côté du barrage. « De visu, les gendarmes peuvent différencier un Amérindien d'un orpailleur » , souligne Firmin Madère. Autrement dit, selon les chasseurs, les gendarmes devraient procéder au faciès. Or, cette pratique est interdite et peut être sanctionnée en tant que discrimination. Article 225-1 de la loi du 18 novembre 2016 : « Lorsque le refus discriminatoire est commis dans un lieu accueillant du public ou aux fins d'en interdire l'accès, les peines sont portées à cinq ans d'emprisonnement et à 75 000 euros d'amende. »
Pour Achille Roger, il n'est pas question de faciès : « Les gendarmes connaissent bien les Wayanas car ils ne sont pas nombreux, alors pourquoi les empêcher de passer ? » Selon ces chasseurs du collectif, le barrage de Kayodé s'ajoute aux difficultés liées à une réglementation « inadaptée aux spécificités de la Guyane car imposée par l'État français » . Ils dénoncent notamment l'attribution de plans de chasse par l'Office national de la chasse et de la faune sauvage : « On ne peut pas dire à des Wayanas d'aller chasser à un endroit et aux Saramacas à un autre... » Quant à l'argument sur la protection des espèces, Firmin Madère le balaie : « Personne ne peut les préserver mieux que nous-mêmes car on sait à quelle période tuer. Un scientifique qui ne fréquente pas les gens du coin est un abruti. »
Les trois hommes ont demandé une audience au préfet. Ils entendent continuer à interpeller les autorités et la population sur le barrage de Kayodé et la réglementation de la chasse en Guyane.

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7 commentaires

Vos commentaires

Kayani 22.05.2018
Jml973 et Jess: ignorants ou stupides?

Quand je vois les commentaire de jml973 ou de Jess, je me dis que soit ils sont ignorants doit ils sont stupides. Ils donnent leurs avis sans avoir des preuves. On leur dit des choses et ils croient tout ce qu'on leur dit. Vous avez des preuves de la complicité de certains Autochtones dans l'orpaillage ? Avez-vous vous vérifié la véracité ? Quand aux subventions européennes, vous en connaissez la source? Savez-vous que la richesse de l'Europe provient du reversement d'argent de chaque Etat membre dont la France ? Et que la richesse de la France provient de l'exploitation et du vol des ressources issues des terres Autochtones ? La France, ni l'Europe ne sont rien sans leurs anciennes colonies. C'est des gens comme vous qui permettent l'élection de gens comme Macron. Vraiment reflétez le stéréotype du bon français moyen mouton, aliéné et inculte.

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ahu 07.05.2018
Ah, le besoin de dominer.

Si Dieu n'avait pas mis le soleil si haut dans le ciel, certaines personnes en auraient revendiqué la création, et s'en seraient attribués le droit de percevoir des taxes.

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jess 05.05.2018

ils n'ont qu'a arrêter de ravitailler les sites de clandestins et ce sera plus cohérent

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jml973 06.05.2018

Vous avez raison, c'est ce qui leur pose problème. Comment gagner un max en ravitaillant et en commerçant avec les orpailleurs illégaux avec ces barrages ? Les autorités ne doivent pas céder.

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jml973 05.05.2018
Jamais contents ...

Lorsque des milliers d'orpailleurs clandestins débarquent pour massacrer la forêt et les cours d'eau, il se plaignent et lorsqu'il y a des barrages pour contrôler ça ne va pas non plus. Que l'on me dise qu'il n'y a pas une seule personne dans le village qui sait lire pour faire les papiers pour l'ensemble de la tribus. Ou qu'il n'y a pas une personne des services sociaux disponible quelques jours pour remonter le fleuve pour les aider à faire ces démarches. Pour ce qui est des chasseurs qui argumentent qu'il n'y a pas mieux qu'eux pour préserver les espèces, ça en serait presque comique. Franchement "on préserve les espèce car on ne les tue qu'à la bonne saison !" A la bonne saison, c'est comme les fruits sur les arbres, les animaux poussent tous seuls ! Argument pitoyable.

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aucun 05.05.2018
car imposée par l'État français ?

de mémoire, le permis fluvial (comme toutes les lois absurdes qui nous tombent dessus depuis Sarkozy) est imposé par l'Europe, et oui, la France ne décide plus rien, c'est l'Europe qui gère, alors déjà que Paris n'avait aucune idée des spécificités Guyanaises, Bruxelles, ils en ont juste rien à ... ! il faudra y penser la prochaine fois, avant de voter massivement pour président pro-Europe ! gros bisous !

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jml973 06.05.2018

Par contre je ne pense pas que vous soyez contre toutes les subventions européennes qui nous tombent dessus en Guyane. Je n'ai jamais vu de gens se plaindre de toucher ces subventions : que ce soient les amérindiens, les agriculteurs, les pêcheurs, et tous les autres.

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