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3 questions à…

« Plusieurs tentatives de suicides au sein de l’internat n’ont pas été ébruitées »

Vendredi 10 mai 2019
« Plusieurs tentatives de suicides au sein de l’internat n’ont pas été ébruitées »
Emmanuel Octavie, responsable des fleuves pour Se-Unsa - Angelique GROS

Une marche blanche est organisée samedi à 8 heures au départ du collège Gran-Man-Difou de Maripasoula à la mémoire de Vanessa Kuya, 26 ans, aide documentaliste au collège qui a mis fin à ses jours mardi. Rencontre avec Emmanuel Octavie, responsable des fleuves pour Se-Unsa

Un septième suicide depuis le début de l’année, dont deux membres du personnel, vient de toucher le collège de Gran-man-Difou…

Le collège est dans un état de deuil permanent et émotionnellement les collègues ne vont pas bien, certains sont en dépression et d’autres parlent de démissionner. C’est le septième suicide mais c’est sans compter les tentatives. Avec les collègues on a l’impression que c’est un phénomène de mode, quand ça ne va pas, ils n’hésitent plus à franchir le pas. C’est très inquiétant et ces crises de suicides sont persistantes. Même des personnes de la communauté Wayana se demandent quand est-ce que ça va s’arrêter.

Qu’est-ce qui a été mis en place pour apporter des solutions ?

Des cellules de crise ont été mises en place et un psychologue, qu’on demandait depuis des années, est enfin arrivé en début d’année. Quelques collègues ont reçu une formation mais tous le monde n’a pas pu en bénéficier. Le préfet avait évoqué le recours au grand conseil coutumier et que des associations d’autres communautés amérindiennes puissent venir à la rencontre des Amérindiens de Maripasoula. Ces annonces là, ce serait bien de les mettre en musique maintenant.

Comment peut-on résoudre cette crise selon vous ?

Il faudrait des professionnels qui restent, pas des missions ponctuelles. Il faut que tous les partenaires que ce soit l’Agence régionale de santé, la Direction de la jeunesse, des sports et de la cohésion sociale et la préfecture travaillent ensemble. Il faudrait aussi qu’il y ait un suivi des élèves. On a eu des enfants qui ont fait des séjours en psychiatrie et qui reviennent sans que rien ne soit mis en place pour eux. On a eu plusieurs tentatives de suicide au sein de l’internat cette année qui n’ont pas été ébruitées dans les médias. Un enfant de 6e avait déjà passé la corde autour de son cou quand il a été trouvé par un surveillant qui la lui a ôtée. Quelques semaines après, l’administration a replacé l’enfant au même endroit où il a essayé de se tuer.

Propos recueillis par A. G.

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