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Trois militaires tombent sur le front de la lutte contre l'orpaillage

Samir MATHIEU Vendredi 19 Juillet 2019 - 07h39
Trois militaires tombent sur le front de la lutte contre l'orpaillage
Edgar Roellinger, Cédric Guyot et Mickaël Vandeville sont morts en luttant contre l’orpaillage clandestin, intoxiqués par un gaz non déterminé pour l’instant. Ces militaires étaient en Guyane pour une MCD (mission courte durée). « Ils avaient entamé leur mission il y a une semaine, le jeudi 11 juillet dernier », précise le colonel Frédéric Barbry, porte-parole de l’État-major des armées à Paris. Les trois militaires appartenait au régiment du génie de Besançon - DR

Un terrible accident s’est produit avant-hier en forêt sur la commune de Papaïchton. Trois militaires ont été tués. Cinq autres ont été blessés dans un puits creusé par des orpailleurs illégaux. Ce drame est la pire perte humaine de l'armée en Guyane.

Ils s’appelaient Edgar Roellinger, Cédric Guyot et Mickaël Vandeville. Ils avaient entre 27 et 31 ans. Ils avaient la vie devant eux.

Ces trois militaires qui appartenaient au 19e Régiment du génie de Besançon (Doubs) ont perdu la vie, mercredi après-midi, dans un puits creusé par des orpailleurs illégaux sur le site de Saint-Jean d’Abounami entre Grand-Santi et Papaïchton.

Il s’agit d’un puits creusé par des orpailleurs illégaux, un puits dans lequel les soldats étaient descendus pour effectuer toutes les vérifications avant destruction.

En effet, les militaires inspectent les puits avant de les détruire afin de s’assurer qu’il n’y ait personne à l’intérieur. Après cela, ils posent les explosifs. C’est là que le drame est survenu. Alors que le groupe s’apprêtait à mettre les explosifs, les militaires ont été victimes de malaises.

Intoxiqués dans le puits

« Ils ont été intoxiqués dans le puits », explique le colonel Frédéric Barbry, porte-parole de l’État-major des armées à Paris. Si l’on a pensé dans un premier temps à du monoxyde de carbone, il s’avèrerait, de sources médicales, qu’il « s’agisse plutôt d’une intoxication au cyanure ». En tout cas, les médecins du centre hospitalier de Cayenne ont reçu pour consigne d’installer les protections anti-cyanure. De son côté, l’armée explique « ne pas savoir l’origine de l’intoxication ». « Une enquête des gendarmes est en cours et des prélèvements ont été effectués », rajoute le colonel Frédéric Barbry. Des autopsies seront pratiquées pour connaître les raisons des décès.

Des autopsies et une enquête

L’alerte a été donnée dès que les militaires ont pu, via leur téléphone satellitaire, émettre les premières informations. Le plan blanc a été déclenché par la préfecture.

Les trois hôpitaux de Cayenne, Saint-Laurent et Kourou ont été mis en alerte maximale. Un hélicoptère de l’armée de l’air s’est rendu sur site pour récupérer les huit militaires.

Vers 21h15, ils ont tous été évacués au centre hospitalier Andrée-Rosemon, à Cayenne.

L’enquête, menée par les forces de gendarmerie, déterminera les circonstances et les éventuelles responsabilités dans ce drame, qui touche au-delà de l’armée, toute la Guyane et la nation.

Le maniement des explosifs en pleine forêt. - DR
« Entreprendre et réussir » la devise des militaires du génie

Les trois militaires appartenait au 19e régiment du génie de Besançon créé en 1935. Il est présent dans tous les combats que mène la France. La devise de ce corps spécialisé : «  Entreprendre et réussir  ». Le dernier décès subit par ce régiment daté de 2011, en Afghanistan.

Faire exploser les puits, creusés par les orpailleurs pour aller chercher l’or primaire, un mode opératoire apparu au début des années 2010, est une des missions des militaires du génie. - DR
« Un fléau », « une guerre » selon les élus

Lénaïck Adam, député de la 2de circonscription : « C’est avec une immense tristesse que le député a appris hier la disparition de trois militaires lors d’une opération Harpie conduite au sein du Parc amazonien de Guyane. (...) Ce drame survenu sur sa circonscription rappelle l’urgence d’engager la refonte du code minier et de poursuivre une réflexion d’ensemble sur l’adaptation des moyens de lutte contre l’orpaillage clandestin. Le député Lénaïck Adam informe par ailleurs la population qu’il a saisi au mois de mai l’ensemble des ministères compétents d’une proposition visant à compléter l’arsenal existant. »

Georges Patient, sénateur : « Je tiens à exprimer tout mon soutien aux forces armées dans cette lutte contre l’orpaillage clandestin, véritable fléau contre lequel ils s’investissent au péril bien souvent de leur vie. »

Antoine Karam, sénateur : « C’est avec une grande tristesse que j’ai appris la mort de trois militaires français au cours d’une opération Harpie. Cette terrible nouvelle nous rappelle douloureusement le fléau que représente l’orpaillage illégal en Guyane, aussi bien pour nos concitoyens que pour nos soldats. »

David Riché, président de l’Association des maires de Guyane : « Trois hommes sont morts pour la Guyane. Trois hommes sont morts pour tenter de préserver notre territoire du fléau de l’orpaillage illégal aux effets désastreux pour nos compatriotes. Ils étaient militaires mais ils étaient avant tout des hommes entourés de proches à qui j’adresse mes plus sincères condoléances. Je pense également aux blessés actuellement hospitalisés. »

Sophie Charles, maire de Saint-Laurent : « Je salue la mémoire des trois militaires des forces armées qui sont morts dans le cadre de leur mission. C’est à nouveau un lourd tribut que paye notre société pour lutter contre le fléau de l’orpaillage illégal, qui pollue notre territoire. »

Parc amazonien de Guyane : « Le conseil d’administration et l’ensemble des agents du Parc amazonien ont appris avec une très vive émotion le décès de trois militaires des forces armées. Nous partageons la tristesse des familles et de l’ensemble des militaires des forces Harpie touchés par cette terrible nouvelle. Les agents du parc national, qui participent sur le terrain à la lutte contre l’orpaillage illégal aux côtés des militaires et des gendarmes lorsque ces missions se déroulent dans le périmètre du Parc amazonien, sont eux-mêmes exposés aux risques inhérents à celles-ci. Pour cette raison également, nous exprimons notre profonde solidarité à l’égard des familles. »

Hommages de l’État

Florence Parly, ministre des Armées : « J’adresse toutes mes pensées et condoléances à leurs familles, leurs proches et leurs frères d’armes. (...) Je salue la réactivité de nos forces, intervenues avec un grand professionnalisme, en particulier le personnel du service de santé des armées. Je remercie également la Sécurité civile, les services d’urgence et la préfecture de Guyane. »

Annick Girardin, ministre des Outre-mer : « La lutte contre l’orpaillage illégal est un combat mené chaque jour par des hommes et des femmes de valeur. Les 3 militaires décédés avant-hier en Guyane alors qu’ils luttaient contre ce fléau, ont toute la reconnaissance de la nation. Mes pensées vont à leurs familles et leurs proches. »

Patrice Faure, préfet : « Dès (mercredi) soir, la priorité a été d’être au chevet des cinq blessés puis (hier) matin de se rendre en compagnie du général Looten, commandant des forces armées, du général Patrick Valentini, commandant de la gendarmerie, et du procureur de la République, à Saint-Jean du Petit Abounami, où ils ont rencontré les soldats présents lors de l'opération, un moment d’une grande intensité, avec des échanges poignant en présence de l’aumônier militaire. Lors de cette visite, ils ont entendu les récits de ces hommes ayant perdu trois des leurs en dépit de leurs efforts, mesurant ainsi l’étendue de leur courage. »

C’est un de ces hélicoptères Puma qui faisait la joie du public, le 13 juillet, venu célébré les troupes françaises, qui a ramené en urgence les huit militaires intoxiqués lors d’une opération Harpie, mercredi après-midi. Trois sont décédés tandis qu’un avait toujours son pronostic vital engagé à l’heure de boucler notre édition (photo d’archives) -

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