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Carburants: déblocages en cours après des assurances du gouvernement

Mercredi 13 juin 2018
Carburants: déblocages en cours après des assurances du gouvernement
Blocage de la raffinerie de Feyzin près de Lyon, le 13 juin 2018 - JEAN-PHILIPPE KSIAZEK (AFP)

Les agriculteurs vont lever tous leurs blocages de raffineries et dépôts de carburant d'ici la fin de journée, alors que la FNSEA et des Jeunes Agriculteurs (JA) ont obtenu des garanties du ministre de l'Agriculture Stéphane Travert.

Jusqu'à 18 sites ont été bloqués à travers la France, et les agriculteurs ont commencé à lever graduellement les barrages mercredi. La fin des blocages devait être "échelonnée dans la journée", a précisé la présidente de la FNSEA, Christiane Lambert.

"Il y a eu des points d'avancée, des points de déception et des engagements à travailler plus", a expliqué Mme Lambert lors d'une conférence de presse avec le patron des JA, Jérémy Decerle, à l'issue d'une nuit de négociation au ministère de l'Agriculture.

M. Travert a précisé dans une lettre en milieu de journée les engagements du gouvernement.

"Les agriculteurs avaient besoin qu'on rappelle notre niveau d'exigence et de fermeté" sur la Politique agricole commune (PAC) et les accords internationaux, "pour lesquels nous avons besoin de nous inscrire dans le cadre européen", a assuré le ministre lors d'un point presse.

Par exemple, M. Travert indique qu'il "s'engage à porter auprès de (ses) homologues européens et de la Commission non seulement la pérennisation, mais aussi l'extension à d'autres produits" de l'étiquetage de l'origine des ingrédients dans les plats préparés, objet d'un essai de deux ans en France.

Le ministre a également rassuré les agriculteurs en sortant des limbes où il était tombé le Comité de rénovation des normes en agriculture (Corena), annoncé par le gouvernement lors de la crise du lait de 2015, et dont la première réunion aura finalement lieu le 13 juillet prochain.

Concernant l'importation d'huile de palme par le géant pétrolier Total, qui est à l'origine de la mobilisation des syndicats majoritaires, "nous souhaitons que Total aille plus loin" que les 50.000 tonnes de colza qu'il s'est engagé à acheter auprès des producteurs français et qu'il contractualise avec eux "pour qu'ils vivent dignement de leur production", a indiqué le ministre.

"Après à nous de contrôler, valider, vérifier, si Total est au rendez-vous des engagements pris et du soutien qu'il doit apporter à la filière", a-t-il ajouté.

- Pas d'allégement du coût du travail -

Pour Mme Lambert, "le sujet de déception c'est que nous n'avons pas obtenu d'allègement du coût du travail pour les travailleurs saisonniers".

"Tout ne s'arrête pas aujourd'hui, on continue à travailler, mais l'affirmation que nous attendions c'est la reconnaissance des distorsions" de concurrence, a ajouté Mme Lambert.

Les agriculteurs ont lancé leur mouvement dimanche soir pour protester contre l'importation de produits agricoles, et plus particulièrement de l'huile de palme, qui ne respectent pas, selon eux, les normes françaises et européennes.

Les levées des blocages ont eu lieu dans le calme le plus souvent, excepté à l'entrée du port fluvial Édouard Herriot à Lyon, où les agriculteurs sont partis sous la pression des CRS mercredi matin.

"Ça ne nous arrive pas souvent de nous faire déloger par la police comme ça. Ça a l'air d'être une méthode Macron", a réagi auprès de l'AFP Michel Joux, président de la FRSEA Auvergne-Rhône-Alpes.

Les dépôts pétroliers de Dunkerque et Saint-Pol-sur-Mer étaient toujours bloqués mercredi en milieu de journée, selon la FNRSEA, qui prévoit la levée du blocage en soirée. "On n'est pas satisfait par les déclarations du ministre", a expliqué Laurent Degenne, président de la FRSEA Hauts-de-France, qui affirme qu'environ 130 personnes sont toujours sur les deux sites.

La FRSEA et les JA de Normandie ont pour leur part décidé de suspendre en milieu de journée le blocage de la raffinerie de Gonfreville l'Orcher, mais "appellent leurs adhérents à rencontrer les parlementaires, en particulier les sénateurs, qui doivent examiner la loi alimentation à partir du 26 juin", ont ils indiqué dans un communiqué.

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