France-Antilles et ses partenaires utilisent des cookies pour le fonctionnement de leurs services, réaliser des statistiques d’audience, proposer des contenus et publicités personnalisés. En utilisant ce site, vous consentez à cette utilisation. En savoir + et gérer ces paramètres. OK
  • Partager cet article sur Facebook
  • Partager cet article sur Twitter
  • Partager cet article sur LinkedIn
  • S'abonner aux flux RSS de France-Antilles.fr

L'arrêt des traitements de Vincent Lambert a débuté, "une folie" pour ses parents

Lundi 20 mai 2019
L'arrêt des traitements de Vincent Lambert a débuté, "une folie" pour ses parents
Une photo prise le 20 mai 2019 de l'hôpital Sébastopol, à Reims, où les médecins ont commencé à désactiver les traitements visant à maintenir en vie Vincent Lambert. - FRANCOIS NASCIMBENI (AFP)

L'interruption des traitements visant à maintenir en vie Vincent Lambert a débuté lundi, une décision médicale qui a provoqué la colère de ses parents dont les chances de faire stopper "cette folie" s'amenuisent.

La Cour européenne des droits de l'Homme (CEDH), qui les avait déboutés le 30 avril, a de nouveau rejeté lundi leur demande, faute d'"élément nouveau".

Le président Emmanuel Macron, à qui ils avaient écrit pour l'implorer d'intervenir, a répondu lundi qu'il ne lui "appartient pas de suspendre" l'arrêt des traitements, décidé, "en conformité avec nos lois", à quelques jours des élections européennes.

Ne reste à leurs avocats que la décision de la Cour d'appel de Paris, attendue "au plus tard à 22h00", et une audience au Conseil d'Etat jeudi matin.

Lundi soir, ils ont demandé à la Cour d'appel de Paris de faire injonction à l'Etat -ministères de la Santé et des Affaires étrangères- ainsi qu'au CHU de Reims et au docteur Sanchez de respecter les "mesures provisoires" demandées par le comité des droits des personnes handicapées de l’ONU, c’est-à-dire un maintien des soins dans l'attente d'un examen du dossier que ce comité mènerait sur le fond. Le tribunal de grande instance avait rejeté ce même recours en première instance vendredi, se déclarant incompétent.

Les parents de Vincent Lambert estiment que la France "est tenue par ces mesures provisoires et doit les respecter", tandis que les avocats de l'Etat considèrent qu'elles ne sont pas contraignantes.

Autre action envisagée: devant le tribunal correctionnel de Reims à l'encontre du Dr Vincent Sanchez, qui a signé en avril 2018 la demande de fin des traitements et dont ils réclament la radiation.

C'est dans un courriel adressé à la famille que ce chef du service de soins palliatifs de l'hôpital Sébastopol de Reims lui a fait part de l'arrêt des traitements" et de "la sédation profonde et continue" de Vincent Lambert, 42 ans, tétraplégique en état végétatif depuis plus de dix ans. De sources médicales, le patient pourrait mourir d'ici quelques jours, voire deux à trois semaines.

Des positions inconciliables déchirent la famille depuis six ans: d'un côté, les parents, fervents catholiques, un frère et une sœur s'opposent à l'arrêt des traitements; de l'autre, son épouse Rachel, son neveu François et six frères et sœurs veulent mettre fin à cet "acharnement thérapeutique".

- "L'amour de l'accompagnement" -

"Mon mari qui est médecin m'a dit: +on enterre Hippocrate (...) C'est un crime, c'est tout", a lancé lundi matin Viviane Lambert, la mère de Vincent, 73 ans, devant l'établissement.

Les parents, Viviane et Pierre, âgé 90 ans, estiment que leur fils est handicapé et doit être transféré dans un établissement spécialisé. En fin de journée, ils sont revenus au chevet de leur fils, accompagnés de deux moines bénédictins amis de la famille.

"Le moment est à la dignité et à l'accompagnement, le temps de l'amour de l'accompagnement", a déclaré l'épouse Rachel Lambert à RTL, affirmant "faire abstraction de tout". "Surtout qu'on nous laisse dans notre intimité et que ça se fasse... qu'on nous laisse dans la discrétion".

Ses avocats comptent déposer plainte mardi pour atteinte à la vie privée, après la diffusion d'une vidéo du patient sur le site de Valeurs actuelles, présentée comme datant de dimanche, où la mère est au chevet de son fils.

Cette diffusion "n'est pas respectueuse pour la personne de Vincent", a réagi son neveu François Lambert, favorable à l'arrêt des traitements, qui se dit "assez serein".

En collaboration avec le comité "Je soutiens Vincent", déjà à l'origine d'un rassemblement à Reims dimanche, une "marche blanche" a été organisée lundi soir à Paris, entre le ministère de la Santé et l’Élysée, pour "demander la grâce présidentielle".

"Prions pour ceux qui vivent dans un état de grave handicap. Protégeons toujours la vie, don de Dieu, du début à la fin naturelle. Ne cédons pas à la culture du déchet", a tweeté lundi le pape François sans citer nommément Vincent Lambert.

- "Dans le cadre de la loi" -

Les avocats des parents mettent en avant notamment le dernier rapport d'experts mandatés par la justice, rendu fin 2018. Ces derniers avançaient notamment que la condition médicale de M. Lambert "n'appelle aucune mesure d'urgence" et qu'"il existe en France des structures pouvant l'accueillir jusqu'à sa disparition".

Ces mêmes experts affirmaient toutefois que son "état végétatif chronique irréversible" ne lui laisse plus "d'accès possible à la conscience".

L'interruption des traitements, la quatrième depuis 2013, a été validée par le Conseil d'État fin avril et les parents ont multiplié en vain les recours depuis.

Père de la loi de 2016 régissant la fin de vie, Jean Leonetti, également premier vice-président LR, estime au contraire que l'arrêt des soins de Vincent Lambert s'inscrit bien "dans le cadre de la loi". S'il n'a pas laissé de directive anticipée, son épouse et son neveu affirment que cet ancien infirmier avait pris position contre tout acharnement thérapeutique.

rl-jpa-cmk-dch-tb-jmo/frd/cam

Pour transmettre un commentaire, merci de vous identifier (ou de vous inscrire en 2min)

Mot de passe oublié?
Inscription express
Aucun commentaire
Sur le même thème
A la une
3 commentaires