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Ghosn, frappé par deux nouvelles inculpations, reste en prison

Vendredi 11 janvier 2019
Ghosn, frappé par deux nouvelles inculpations, reste en prison
Des piétons passent devant un écran de télévision montrant le portrait de Carlos Ghosn, le 8 janvier 2019 à Tokyo - Behrouz MEHRI (AFP)

L'avenir judiciaire de Carlos Ghosn s'est encore assombri vendredi: le bâtisseur de l'alliance Renault-Nissan a fait l'objet de deux nouvelles inculpations par la justice japonaise, ce qui prolonge sa détention au Japon.

Ses avocats ont déposé une demande de libération sous caution, mais cette requête a peu de chances d'aboutir. En cas de refus, il restera en prison au moins jusqu'au 10 mars.

Le tribunal a en revanche autorisé, contre l'avis du parquet, les visites de sa famille, outre celles de ses avocats et du personnel consulaire de la France, du Liban et du Brésil, ses trois pays.

- Vers un procès -

Le bureau du procureur a justifié les poursuites engagées par le faisceau de données accumulées: "nous pensons que les éléments dont nous disposons méritent une inculpation et un procès", a déclaré à la presse le procureur-adjoint, Shin Kukimoto.

La comparution de M. Ghosn, qui risque en théorie jusqu'à 15 ans de prison, n'aura pas lieu avant des mois.

Interrogé sur les critiques à l'étranger que suscite le système judiciaire japonais, le procureur adjoint a assuré que les enquêteurs "s'attendaient à diverses réactions compte tenu de la notoriété mondiale" de M. Ghosn, tout en ajoutant "agir dans le respect des lois et décisions du tribunal".

Le dirigeant est poursuivi pour abus de confiance, une accusation pour laquelle Nissan réclame "des sanctions fermes", invoquant le préjudice subi.

M. Ghosn et son bras droit Greg Kelly, relâché sous caution le 25 décembre, ont aussi été inculpés vendredi pour avoir minoré les revenus du premier dans des rapports boursiers de Nissan entre 2015 et 2018. Tout comme le constructeur japonais, impliqué en tant qu'entité morale ayant remis les documents incriminés.

Ces trois protagonistes avaient déjà été mis en examen, le 10 décembre, pour avoir déclaré des rétributions amoindries sur les cinq années précédentes.

- "Anxieux" -

Selon le parquet, l'abus de confiance dont est accusé M. Ghosn est caractérisé par sa tentative de faire couvrir par Nissan "des pertes sur des investissements personnels" au moment de la crise financière d'octobre 2008. La somme incriminée s'élève à 1,85 milliard de yens (15 millions d'euros).

Pour résoudre ce problème financier, il aurait obtenu qu'un milliardaire saoudien, Khaled Juffali, se porte garant et lui aurait ultérieurement versé de l'argent issu de la "réserve du PDG". C'était pour services réellement rendus envers Nissan, argue M. Ghosn.

Carlos Ghosn a fait mardi sa première comparution devant la justice: amaigri et menotté, il s'est dit "faussement accusé" et a nié les allégations.

Depuis son arrestation le 19 novembre à Tokyo, le dirigeant de 64 ans se trouve dans un centre de détention du nord de la capitale. Il souffrait mercredi soir d'une forte fièvre, qui a contraint les enquêteurs à suspendre les interrogatoires. Mais elle était retombée vendredi, a indiqué son avocat Motonari Otsuru.

Son épouse Carole Ghosn, qui avait jusqu'ici gardé le silence, s'était inquiétée jeudi dans un communiqué de son état de santé, déplorant "de dures conditions de détention et un traitement injuste". "Nous sommes anxieux", a-t-elle ajouté.

- L'alliance -

Malgré ces revers judiciaires, Renault a choisi de maintenir à sa tête le Franco-Libano-Brésilien, contrairement à ses partenaires japonais Nissan et Mitsubishi Motors qui se sont empressés de le révoquer de la présidence du conseil d'administration.

Jeudi, l'état-major de la marque au losange s'est réuni pour faire le point sur l'audit interne lancé fin novembre par l'entreprise. Aucune fraude n'a été constatée sur la rémunération des principaux dirigeants en 2017-2018, selon l'entreprise.

Mais la pression monte sur la direction du groupe français alors que les révélations de presse sur les supposés agissements de M. Ghosn continuent de pleuvoir, au sujet de sa résidence fiscale aux Pays-Bas, où la holding qui coiffe l'alliance est basée, ou encore sur des donations à des hommes d'affaires au Liban, à Oman et ailleurs, depuis les caisses de Nissan.

Outre les fuites du bureau du procureur, l'enquête du groupe nippon continue.

Elle porte aussi sur différentes structures liées à l'alliance aux Pays-Bas. Nissan accuse ainsi entre autres M. Ghosn d'avoir perçu une rémunération sans justification d'un milliard de yens (8 millions d'euros) l'an dernier.

Des dizaines d'inspecteurs planchent sur le dossier et plusieurs centaines de personnes sont aussi mobilisées au sein du constructeur japonais.

De son côté, le gouvernement français a de nouveau souligné l'importance de l'alliance.

"Ce qui importe aujourd'hui, c'est d'en préserver la stabilité. L'État, qui est actionnaire de référence de Renault, s'y emploiera, en coopération totale avec nos partenaires japonais", a insisté le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, cité par le Télégramme.

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