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Présidentielle au Brésil: le ton monte, les tractations battent leur plein

Mardi 09 octobre 2018

Des partisans du candidat d'extrême droite à la présidentielle Jair Bolsonaro, rassemblés le 7 octobre 2018 à Sao Paulo, au Brésil

- CARL DE SOUZA (AFP)

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Le ton est monté mardi dans la campagne pour le 2e tour de la présidentielle au Brésil, le favori Jair Bolsonaro traitant son adversaire Fernando Haddad de "canaille" pendant que leurs partis rivalisaient pour obtenir le report de voix des candidats éliminés.

Les deux finalistes de ce scrutin extrêmement polarisé se sont livrés à une passe d'arme par réseaux sociaux interposés.

L'altercation virtuelle est partie d'une proposition de Fernando Haddad, du Parti des Travailleurs (PT), de l'ex-président Luiz Inacio Lula da Silva, incarcéré pour corruption, à Bolsonaro.

Le candidat de gauche, qui a obtenu 29% des voix au premier tour, a proposé à son adversaire de signer un engagement commun contre la dissémination de fausses informations sur internet, mais a essuyé un refus virulent.

"La marionnette du corrompu (Lula) me propose de signer une lettre d'engagement contre les mensonges sur internet, alors que c'est lui qui invente que je vais augmenter les impôts des plus pauvres. C'est une canaille", a déclaré sur Twitter le candidat d'extrême droite, fort de 46% des suffrages du premier tour.

"Nous avons reçu une réponse du même niveau que le candidat", a rétorqué Haddad lors d'une rencontre avec des journalistes à Sao Paulo.

- "Esclave de la Constitution" -

Auparavant, il avait lancé une autre pique sur Twitter, tentant de mettre à mal l'image anti-establishment de son rival, qui siège à la chambre des députés depuis 1991.

"C'est un politicien traditionnel, avec 28 ans de vie politique et peu de services rendus à notre pays. Il va pouvoir se présenter maintenant. Au deuxième tour, tu ne peux pas te cacher derrière les réseaux sociaux", a écrit le candidat de gauche.

Une allusion à peine voilée au fait que Jair Bolsonaro n'a pas participé aux derniers débats télévisés en raison de l'attentat à l'arme blanche qui a failli lui coûter la vie début septembre.

L'ancien parachutiste de l'armée a été hospitalisé trois semaines et a présenté un certificat pour justifier son absence au dernier débat, jeudi dernier, mais a concédé une longue interview sur une autre chaîne, qui l'a diffusée à la même heure.

À l'occasion, la candidate écologiste Marina Silva, l'avait accusé d'avoir "eu la trouille" de se confronter à ses adversaires.

Lundi soir, les deux finalistes du second tour ont accordé de courts entretiens, en direct mais à distance, au journal télévisé de TV Globo, la plus importante chaîne du pays.

Jair Bolsonaro, chantre décomplexé de la dictature militaire (1964-1985), a assuré lundi qu'il resterait "esclave de la Constitution" brésilienne, promettant de gouverner "avec autorité, sans autoritarisme".

"L'avenir de notre pays est en jeu. L'avenir de la démocratie est en jeu. L'avenir de vos droits est en jeu", a martelé pour sa part le remplaçant de Lula.

- Objectif centre -

Même s'ils n'hésitent pas à s'interpeller vertement sur les réseaux sociaux, les deux candidats s'attachent à adoucir leurs discours pour attirer l'électorat plus au centre.

D'intenses tractations ont commencé avec les partis des candidats éliminés.

Dès le soir du premier tour, Ciro Gomes (centre gauche), arrivé en troisième position avec 12,5% des suffrages, avait déjà déclaré son rejet catégorique de Bolsonaro au nom de la "lutte contre la démocratie et le fascisme".

Geraldo Alckmin, du PSDB (centre droit), qui a obtenu près de 5% des voix, avait affirmé que son parti tiendrait une réunion mardi pour définir qui il soutiendrait.

Formation de l'ex-président Fernando Henrique Cardoso (1995-2002), le PSDB, absent du second tour pour la première fois depuis 1994, est en revanche en finale de plusieurs élections pour le poste de gouverneur, ce qui pourrait peser dans sa stratégie.

Joao Doria, membre du PSDB favori du duel pour gouverner l'Etat de Sao Paulo, a d'ores et déjà annoncé lundi qu'il soutenait Bolsonaro.

En 2016, il avait été élu à la mairie de Sao Paulo au premier tour, infligeant une cuisante défaite à Fernando Haddad, qui était le maire sortant.

Une chose est sûre: le candidat de gauche va devoir ratisser le plus large possible pour tenter de rattraper son retard après la démonstration de force de son adversaire au premier tour.

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xxl 12.10.2018
DANGEROUS

a tête. Je suis tombée et ils se sont jetés sur moi". Le récit de Julyanna Barbosa, une transsexuelle qui attendait son bus quand elle s'est fait agresser, mercredi 10 octobre dans la banlieue de Rio, fait froid dans le dos."Il faut que Bolsonaro gagne pour virer toutes ces ordures de la rue !", lui ont crié ses agresseurs. Malheureusement, ce genre de cas est loin d'être isolé : au Brésil, le succès du candidat d'extrême droite Jair Bolsonaro, d'abord dans les sondages, puis dimanche dernier à l'issue du premier tour de la présidentielle, a suscité une vague de violences de la part de ses partisans.

Selon l'organisation de journalistes d'investigation Publica, au moins une cinquantaine d'attaques ont été perpétrées par des bolsonaristas, le surnom donné aux aficionados de Bolsonaro. Une vague d'agressions qui a cristallisé les craintes de voir le pays sombrer davantage dans la violence si l'extrême droite arrivait au pouvoir, le 28 octobre.

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xxl 12.10.2018
DANGEROUS

A Curitiba, à 300km au sud de Sao Paulo, un coiffeur homosexuel a été frappé à mort, rapporte "Le Monde". Le principal suspect aurait crié "Vive Bolsonaro" à l'annonce de son décès. Et les personnes LGBT ne sont pas les seules ciblées. Sur un campus universitaire de la même ville, un jeune qui portait un bonnet du Mouvement des travailleurs sans terre (MST), connu pour ses occupations de propriétés foncières par des paysans et des indigènes, a été battu mardi, selon des médias locaux.

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xxl 12.10.2018
DANGEROUS

Un maître de capoeira assassiné
La veille, c'était un célèbre maître de capoeira, Moa do Katendè, âgé de 63 ans, qui était assassiné à Salvador, capitale de l'État de Bahia, après avoir eu le malheur de dire qu'il votait pour Fernando Haddad, l'adversaire de gauche de Bolsonaro. Cette figure connue de l'art martial afro-brésilien a reçu 12 coups de couteau dans un bar, après une discussion politique. Le suspect a assuré que son crime n'avait rien à voir avec la politique. "Presse poubelle!" a rapidement tweeté le favori de la présidentielle, souvent comparé à Donald Trump

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xxl 12.10.2018
DANGEROUS

Les journalistes subissent également les foudres des partisans de Bolsonaro. L'Abraji, l'association brésilienne de journalisme d'investigation, a enregistré 137 agressions, dont 62 physiques (le reste a eu lieu sur les réseaux sociaux) contre des journalistes en lien avec la campagne électorale. Selon le Guardian, une journaliste de 40 a été attaquée avec un couteau alors qu'elle s'apprêtait à voter, dimanche à Recife, dans le Nord du pays. Les deux assaillants auraient repéré son accréditation presse pendue autour de son cou. "Quand mon commandant gagnera l'élection, la presse mourra", a lancé l'un d'entre eux, arborant un T-shirt à l'effigie de Jair Bolsonaro.

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xxl 12.10.2018
DANGEROUS

Appel au calme
La multiplication de ces violences a poussé les deux candidats de la présidentielle à tenter de calmer les esprits mercredi. "On ne répond pas à la violence par la violence", a lancé Fernando Haddad, du Parti des travailleurs (PT, gauche). Bolsonaro, qui a coutume de mimer avec les doigts des pistolets, s'est borné à "déplorer" ces agressions, tout en rappelant qu'il avait été lui-même la victime de l'intolérance, avant de finalement durcir le ton.

Bolsonaro file vers une nette victoire, avec 58% des intentions de vote contre 29% pour Haddad, selon un sondage Datafolha de mercredi.

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