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Peine beaucoup plus lourde requise en appel contre "Dr Mabuse" à Caen

Mercredi 12 décembre 2018
Peine beaucoup plus lourde requise en appel contre "Dr Mabuse" à Caen
Le naturopathe Bernard Sainz à son arrivée au tribunal de Caen, le 4 juillet 2017 - CHARLY TRIBALLEAU (AFP/Archives)

Trente mois de prison dont 18 ferme ont été requis mercredi en appel à Caen contre Bernard Sainz, alias "Dr Mabuse", 75 ans, pour de l'aide au dopage dans le monde du cyclisme semi-professionnel, une peine deux fois plus lourde que celle à laquelle il avait été condamné en première instance.

"Le dopage qu'il promeut pervertit. Le sport est un peu moins le sport une fois qu'il est passé", a lancé Marc Faury, substitut du procureur général pour qui les pratiques du prévenu relèvent de "l'amusement d'une bande de vauriens" au détriment des jeunes, victimes de l'aura de tels "gourous".

Le magistrat a requis 30 mois de prison dont 12 avec sursis et 20.000 euros d'amende, en "tenant compte de l'âge" du prévenu car les faits "mériteraient 3 ans ferme". Le 5 septembre 2017, celui qui n'est pas médecin mais se présente comme un naturopathe, avait été condamné par le tribunal correctionnel de Caen à neuf mois de prison ferme et 20.000 euros.

"Je suis complètement étranger à ce trafic", a affirmé mercredi avec aplomb Bernard Sainz qui comparaît détenu mais a été autorisé par la cour à venir s'exprimer à la barre. Le "Dr Mabuse" a à nouveau affirmé n'avoir prescrit que des produits naturels, alors que deux témoins directs, des coureurs cyclistes, et plusieurs témoins indirects l'accusent avec précision d'avoir dicté des protocoles de prise d'EPO, d'hormones de croissances et de testostérone. Son avocat a plaidé la relaxe.

Quelques semaines après sa condamnation à Caen, Bernard Sainz avait par ailleurs été mis en examen et écroué en novembre 2017 pour exercice illégal de la médecine et incitation à l'utilisation par des sportifs de substances ou méthodes dopantes interdites, dans le cadre d'une enquête ouverte à Paris.

Cette procédure fait suite à la diffusion d'un reportage en caméra cachée de l'émission Cash investigation, diffusé en 2016 sur France 2 et réalisé en collaboration avec Le Monde. Selon le reportage, les journalistes l'avaient surpris en train de conseiller des protocoles de dopage à des cyclistes.

Coureur cycliste amateur dans les années 1960, Bernard Sainz s'est fait connaître en devenant directeur sportif adjoint d'une équipe professionnelle de premier plan (Fagor-Mercier puis Gan-Mercier), dont les vedettes étaient le légendaire Raymond Poulidor et Cyrille Guimard, l'actuel sélectionneur de l'équipe de France.

Au fil des années, il s'est reconverti dans les soins aux sportifs et aux chevaux. Il est devenu "docteur Mabuse", le surnom ambigu qui fait référence au personnage machiavélique et insaisissable popularisé par le cinéaste Fritz Lang.

Bernard Sainz a déjà été condamné en 2014 en appel à Paris à deux ans de prison dont vingt mois avec sursis, notamment pour incitation au dopage et exercice illégal de la médecine. En 2013, la cour d'appel de Caen l'avait, elle, condamné à 3.000 euros d'amende pour exercice illégal de la médecine et travail dissimulé dans une affaire de dopage de chevaux.

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