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"Autoritarisme" ou "confiance": l'école de Blanquer en débat à l'Assemblée

Lundi 11 février 2019
"Autoritarisme" ou "confiance": l'école de Blanquer en débat à l'Assemblée
Le ministre de l'Education Jean-Michel Blanquer le 6 février 2019 à l'Assemblée nationale à Paris - Christophe ARCHAMBAULT (AFP/Archives)

"Autoritarisme" ou "confiance": l'Assemblée a donné lundi le coup d'envoi des débats sur le projet de loi Blanquer, vanté comme porteur de "justice sociale" par le gouvernement, mais accueilli fraîchement par les oppositions, comme les syndicats d'enseignants.

Instruction obligatoire abaissée de 6 à 3 ans, refonte de la formation, nouvelles écoles internationales, devoir d'"exemplarité", mais aussi nouveau Conseil d'évaluation: le ministre de l’Éducation Jean-Michel Blanquer a défendu devant un hémicycle clairsemé un premier texte du quinquennat sur l'école ayant pour "clé de voûte" de "libérer, responsabiliser, unir".

Voyant dans l'école "la réponse fondamentale" aux défis contemporains, cet ex-directeur général de l'enseignement scolaire sous Nicolas Sarkozy, devenu un poids lourd de la macronie, a mis en avant une volonté de faire "réussir pleinement" tous les élèves avec son projet "pour une école de la confiance".

Preuve de l'intérêt des élus pour ce texte de 25 articles qui touche à la matière sensible qu'est l'Éducation nationale, premier employeur de France: plus d'un millier d'amendements sont au menu d'ici vendredi, avant un vote solennel mardi 19 février.

Mais de la gauche de l'hémicycle à sa droite, le projet est critiqué, même si l'UDI-Agir et Libertés et Territoires l'abordent plutôt favorablement.

Hostiles à un texte jugé "désespérant" sur son blog par Jean-Luc Mélenchon, les Insoumis ont défendu en vain son rejet préalable, dénonçant la mise en place d'"une start-up éducation" et un détricotage de "l'organisation de l'école républicaine".

Ils ont eu l'appui des communistes qui fustigent un texte au ton "autoritaire" et une communication "orwellienne" du ministre, tandis que pour le PS se dessine un projet éducatif "rétrograde".

Les Républicains, qui ne voteront pas le projet de loi, ont aussi tenté de renvoyer le texte en commission. "Pas convaincu" par sa mesure phare sur l'instruction obligatoire, leur orateur Frédéric Reiss critique "une loi d'affichage", tandis que Patrick Hetzel estime que derrière un "fourre-tout" apparent se cache "une inquiétante volonté de reprise en main de l'ensemble du système éducatif".

Le texte est contesté dès son premier article qui rappelle le devoir "d'exemplarité" des enseignants et le respect que doivent leur manifester élèves et familles, une façon selon la gauche de "museler" les profs.

- "À sa botte" -

Vantée comme "emblématique" par le ministre, l’instruction obligatoire à trois ans, engagement du chef de l’État prévu à l'article 2, doit inclure quelque 25.000 nouveaux élèves chaque année. La mesure fait crier LR "à l'injustice", les collectivités devant à l'avenir financer les maternelles privées sous contrat, tandis que la gauche y voit un "cadeau" au privé.

Le gouvernement, qui promet de compenser le surcoût pour les communes, évoque 100 millions d'euros (50 pour les écoles privées et 50 pour les publiques).

Toujours sur cet article 2, une bataille a été engagée sur le retrait - voulu par le gouvernement - de la mention de l'instruction obligatoire "pour les enfants des deux sexes, français et étrangers", incluse dans le Code de l'éducation, au nom de la "concision". La gauche et certains élus LREM craignent que cela ne freine la scolarisation d'enfants étrangers.

La possibilité de confier aux assistants d'éducation (ex-"pions") des "missions d'enseignement" fait aussi débat. "Mesure sociale" qui permettra "d'accompagner financièrement de futurs professeurs", selon le ministre, elle est décriée par la gauche comme une façon d'"ubériser le métier d'enseignant".

Avec la création du Conseil d'évaluation de l'école (CEE), si le ministre récuse toute "évaluation punitive", mais plutôt une "évaluation-levier", PCF, PS ou LR dénoncent la mise en place d'une structure "à sa botte".

Un amendement LREM adopté en commission entend aussi permettre de regrouper les classes d’un collège et d’une ou plusieurs écoles environnantes au sein d'"établissements publics des savoirs fondamentaux". "Encore plus d’écoles qui fermeront" dans les zones rurales, dénonce M. Mélenchon, tandis que le PCF y voit "une nouvelle brique dans la construction d’une école à plusieurs vitesses".

Dans les ajouts du gouvernement attendus en séance: des mesures pour l'inclusion des élèves handicapés, une obligation de "formation" pour les 16-18 ans, ou encore des sanctions pour les parents ayant inscrit leur enfant dans un établissement privé interdit.

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