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LUNDI POLITIQUE

« Les pouvoirs sont concentrés dans les mains de l'État colonial »

Propos recueillis par Bernard DORDONNE Lundi 03 décembre 2018
« Les pouvoirs sont concentrés dans les mains de l'État colonial »
Le gouvernement français devra nécessairement prendre acte de notre volonté commune de changement (BD)

David Donzenac, porte-parole du Front et membre du mouvement Komité drapo, peu connu sur l'échiquier politique pour n'avoir jamais participé à une élection, est un militant de longue date de l'évolution statutaire de la Guyane. Pour lui, le principe des blocs des compétences et les lois pays sont non négociables. Il réagit sur l'actualité politique et sur le projet Montagne d'or.

Vous n'êtes pas connu sur l'échiquier politique guyanais, présentez-vous aux autres lecteurs de France-Guyane ?
Je m'appelle David Hector Donzenac. Je suis chef d'entreprise. J'ai débuté ma carrière professionnelle comme enseignant d'histoire géographie, dans différents établissements de Cayenne. À la suite d'un différend avec un chef d'établissement qui m'accusait d'endoctriner mes élèves, j'ai décidé de quitter l'enseignement et de me lancer dans l'entreprise.
Avez-vous un mentor en politique ?
Mon mentor en politique a été l'Union des étudiants guyanais, dont je suis devenu l'un des vice-présidents aux affaires extérieurs. J'ai eu l'occasion de voyager énormément sur pratiquement tous les continents et rencontrer des personnalités de tous bords, qui m'ont permis d'approfondir ma prise de conscience.
Avez-vous lu le livre blanc proposé par la majorité de la CTG, dans lequel Rodolphe Alexandre fait une proposition d'une « loi Guyane » ?
Le livre blanc de la CTG nous propose à court terme de rester dans le cadre de l'égalité législative (article 73). Même si ce cadre doit être modifié dans la constitution, il ne nous donnera pas les marges de manoeuvre nécessaires pour le développement économique, social et politique de notre pays.
Une résolution en quatre articles a été approuvée lors du congrès des élus, qu'en pensez-vous ?
Pour la commission ad'oc qui a été créée, afin de rescinder les deux propositions celui du Front et celui de la CTG, je m'appuie en tant que porte-parole du Front, sur deux principes non négociables car il n'est pas question de remettre en cause deux demandes essentielles : celui du bloc des compétences et celui des lois pays.
Je pense que la démarche collective que nous avons entreprise conduira nécessairement à un seul projet d'évolution statutaire regroupant toutes les visions de la prise en charge de la Guyane par les Guyanais. Le gouvernement français devra nécessairement prendre acte de notre volonté commune de changement du cadre statutaire de ce pays. Par volonté commune j'entends les idées développées tant par le livre blanc de la CTG que par le Front, et toutes les forces patriotiques de ce pays pour un changement du cadre statutaire.
Vous demandez une consultation populaire, que ferez-vous si le vote de la population n'est pas en votre faveur ?
Si d'aventure la population refusait de nous suivre cette fois-ci, à l'instar de Nouvelle-Calédonie nous reprendront notre bâton de pèlerin pour préparer une nouvelle échéance. Dans tous les cas, nous pensons que nous avons mis de bonnes chances de notre côté et l'avenir nous le dira.
Pensez-vous que la reconnaissance du drapeau guyanais, comme vous le proposez, peu changer la situation économique, sociale et culturelle de la Guyane ?
Le drapeau guyanais est un facteur d'unité et de prise de conscience du peuple guyanais. Les manifestations de mars-avril 2017 l'ont démontré amplement. Les petits écoliers l'arborent fièrement de même que sur les bâtiments publics, les équipes sportives se déplaçant à l'extérieur en font leur insigne d'identité. Les jeunes Français nés en Guyane le portent avec fierté. Tout ceci montre à l'évidence que les Guyanais se sont emparés de ce symbole pour la prise en main de leur destin. La polémique qui a surgit lors congrès au sujet du drapeau n'a pas sa raison d'être étant donné qu'un drapeau guyanais, de deux mètres sur deux, flotte sur le fronton de l'entrée de la CTG.
Êtes-vous pour l'indépendance ou pour l'autonomie ?
Comme tous les peuples colonisés, la Guyane devra accéder un jour à son indépendance comme nos voisins du Suriname, du Guyana, de Saint-Lucie et de Barbade. Étant donné l'état de sous-développement dans lequel nous a placé le colonialisme français, il serait peut-être nécessaire de passer par une phase d'autonomie approfondie comme le demandait à l'époque le député guyanais Justin Catayé à travers sa demande de « statut spécial » . Nous devons signaler que la France s'est mise au ban des nations en votant contre la résolution 14 décembre 1960 de l'Organisation des Nations unies, résolution qui demande à toutes les puissances coloniales de conduire les pays colonisés à leur indépendance, même si les conditions minimales n'étaient pas réunies dans des pays.
Seul l'Angleterre, comme ex-puissance coloniale, a respecté cette demande. Cette résolution a été votée à l'unanimité des pays sauf la France.
Vous avez porté le mouvement politique le Front, avec d'autres, sur les fonts baptismaux, quel bilan tirez-vous de vos interventions dans les communes ?
Notre mouvement, le Komité drapo,a pris une part active à l'instauration du drapeau guyanais ainsi qu'à l'émergence du Front pour le changement de statut, l'idée était de faire comprendre à la classe politique guyanaise qu'il était vain de se battre pour accéder à un poste politique qui ne représentait pas grand-chose, car la réalité des pouvoirs étant concentré dans les mains de l'État colonial. Les caravanes organisées sur le littoral s'inscrivaient dans la logique du développement de la prise de conscience du peuple guyanais, de sa réalité. Ma seule ambition c'est que le plus tôt possible le gouvernement français organise la consultation pour le changement de statut de la Guyane. Je n'ai aucune ambition électorale et je n'ai aucune volonté d'être candidat sur une liste en 2020. Je précise que le Front c'est un rassemblement de partis politiques et d'associations. Une fois le cadre statutaire changés, les partis et associations reprendront leur liberté, et participeront autour de leur programme respectif aux joutes électorales à laquelle ils prendront part.
Quel est votre position sur le projet de la Montagne d'or et sur les fouilles pétrolières en Guyane ?
Je suis favorable à tous les investissements qui favorisent le développement économique de notre pays, mais le cadre politique auquel nous nous trouvons ne favorise pas ce développement pour créer des richesses à la Guyane et à ce titre j'ai de grosses réserves sur le développement actuel de ces projets.
Article paru dans France-Guyane en juillet 1996, qui montre que David Donzenac mène depuis longtemps le combat pour l'évolution statutaire.

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4 commentaires

Vos commentaires

antcorp 03.12.2018

c'est drôle on pourrait jurer qu'ils sont élus par le peuple à les écouter!

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Ergo sum 03.12.2018

Une bouffée de cohérence et de dignité après le bloublou du président de la CTG.

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dogs 03.12.2018

mais ce n'est pas ce monsieur qui refusait de payer ses charges sociales à l'état colonial et qui pour cela avait transféré ses engins de chantier au guyana? Pourquoi n'est-il pas resté là-bas? Comme quoi l'état colonial a du bon.

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ECRIVAIN 03.12.2018
Au moins un qui n'est pas fonctionnaire

Un indépendantiste qui ne travaille pas pour l'état dont il souhaite se séparer, c'est plutôt rare non? Que l'on soit d'accord ou pas avec ce monsieur, ça merite d'être souligné.

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