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LES RENDEZ-VOUS DE LA RÉDACTION

« Tout projet qui vise au développement de ce territoire aura mon assentiment »

Propos recueillis par Bernard DORDONNE Lundi 11 juin 2018
« Tout projet qui vise au développement de ce territoire aura mon assentiment »
« J'ai toujours été l'homme d'un seul parti » , insiste le maire Matoury qui se décrit comme étant socialiste et humaniste (BD)

Serge Smock a été élu par ses pairs maire de la commune de Matoury, le 6 septembre. À 57 ans, celui qui a été 1er adjoint pendant quatre ans, n'est pas un novice en politique. Il a déjà affronté le suffrage universel lors des cantonales de 1994. Il dresse aujourd'hui un bilan des dix premiers mois à la tête du conseil et évoque sa position par rapport au projet Montagne d'or.

Quelle est votre positionnement sur l'échiquier politique guyanais ?
Je suis socialiste et humaniste. Militant actif depuis 1989 au PSG, moi, j'ai toujours été l'homme d'un seul parti politique. J'ai été navré que ce dernier, de manière très expéditive, m'ait écarté. Néanmoins, je conserve de solides et vraies amitiés avec des camarades de ce parti, ceux qui ont comme moi porté au plus haut la parole de Justin Catayée, en ayant le sens du combat pour l'émancipation de ce territoire. Et au quotidien, je travaille en ayant qu'un seul objectif : « Construire dès aujourd'hui le pays de demain. »
Quels projets comptez-vous faire sortir de terre au cours de votre mandature ?
Conformément à notre programme de 2014, où nous nous étions engagés devant les administrés à régler les problèmes fonciers et à améliorer leur cadre de vie, je n'ai eu de cesse, depuis neuf mois que j'occupe la fonction de maire, de traduire ces engagements en actes. Il m'a fallu mettre en place des réunions avec les différentes associations, rencontrer les administrés, me réapproprier le terrain afin de prioriser nos interventions. Les doléances recueillies nous ont orientés sur les priorités « d'amélioration du cadre de vie » ainsi que la nécessité de « créer des espaces de cohésion sociale » .
Dès le 1er semestre 2019, nous allons pouvoir inaugurer, les maisons de quartier de Cogneau-Lamirande et de Copaya, les infrastructures sportives dédiées au football dans le bourg, à Abriba et à Balata Est, le nouveau centre aquatique Aquazonia, la réception des structures pôle enfance et du groupe scolaire de Copaya, la reconfiguration du marché de Matoury.
Après dix mois d'exercice, quel bilan dressez-vous ?
Quand j'ai été désigné par mes pairs en septembre 2017, je me doutais que je devrais gérer un certain passif, mais j'avoue que j'ai tout de même été surpris par l'ardoise à régler. La dette sociale due à un redressement de l'Urssaf est de 3,2 millions d'euros pour les années 2013 à 2015, qui grève le budget communal 2018, et par conséquent notre capacité d'investissement, à plus de millions d'euros annuellement. Nous avions aussi à gérer des situations d'urgence, telles que les difficultés rencontrées par les deux cantines scolaires qui souffraient d'un manque chronique de matériels de cuisson ou qui ne disposaient que de matériels obsolètes. Nous avons donc investi dans du matériel neuf. Cette initiative a permis d'atteindre un double objectif : la satisfaction des bénéficiaires et l'amélioration des conditions de travail de nos agents.
Votre commune est-elle prête pour la rentrée scolaire de septembre ?
La rentrée scolaire 2018 est pour nous un double défi, car elle coïncide à une évolution majeure, celle des rythmes scolaires, et à l'augmentation du nombre d'enfants inscrits dans les seize écoles de Matoury.
Aujourd'hui, on compte 4 708 inscrits. Il y a une liste d'attente de plus de 400 enfants à inscrire dont 300 enfants en maternelle pour lesquels nous n'avons pas d'obligation de scolarisation cette année. Des classes supplémentaires sont programmées pour absorber l'augmentation des effectifs.
Comment allez-vous résorber les problématiques foncières de l'habitat indigne et illicite ?
Nous sommes conscients que la ville de Matoury est la deuxième commune de Guyane qui devra gérer une forte augmentation de sa population à très court terme. Il est bien évident que la résolution des problématiques foncières qui vise aussi un objectif, celui de la résorption de l'habitat indigne et illicite, ne doit plus se concevoir de manière empirique et fragmentée, mais à travers des opérations de rénovation urbaine, telle que celle que nous allons entreprendre pour les zones de Kombo, Comou, Terca.
Depuis votre élection en septembre 2017, vous êtes de tous les combats. Est-ce votre stratégie pour gagner les élections en 2020 ?
Si stratégie il y a, c'est celle qui consiste à respecter la parole donnée aux administrés en 2014. Il s'agit bien de respecter les engagements pris. Et, je n'ai eu de cesse de le rappeler à mon prédécesseur quand j'étais son premier adjoint. Alors maintenant que j'occupe la fonction de premier magistrat, je suis en toute cohérence avec cette démarche.
Comment pensez-vous régler le problème de la délinquance, notamment des mineurs qui gangrène la vie des habitants des quartiers de la commune ?
Nous avons renforcé le dispositif CLSPD (Cconseil local de sécurité et de la prévention de la délinquance) et la ville de Matoury est un territoire pilote pour que ce dispositif soit renforcé avec la convention Evidence (Endiguer violences et incivilités en développant les échanges pour normaliser le climat éducatif).
Ce dispositif avait été, à l'origine, mis en place pour améliorer la sécurité dans et aux abords des établissements scolaires.
Êtes-vous pour ou contre le projet de la Montagne d'or ?
Tout projet qui vise au développement de ce territoire aura mon assentiment. Je n'y adhérerai pas si ce projet n'est pas fait dans le respect de l'environnement et surtout en n'hypothéquant pas l'avenir.
Pensez-vous que l'autonomie va faire décoller la Guyane ?
Il est nécessaire de doter ce pays de moyens pour pouvoir accéder à une certaine forme d'autonomie. C'est une ritournelle que de rappeler que ce territoire est doté de richesses. Il convient de le doter des bons outils afin d'atteindre cette nécessaire autonomie.
Qu'avez-vous mis en place pour améliorer les conditions de travail des agents de votre collectivité ?
Depuis ma prise de fonction, j'ai entamé un vaste chantier de l'amélioration des conditions de travail et l'évolution des carrières des agents. J'ai réorganisé les services de manière à être plus efficient. En valorisant les compétences des collaborateurs, nous améliorons les services rendus à nos administrés. Cette action constitue un volet important du travail fait en interne mais dont le bénéfice est pour l'ensemble de nos administrés. Une administration plus performante assure nécessairement un service public de meilleure qualité. Le site internet de la ville sera bientôt disponible.
Quelles sont vos relations avec l'opposition ?
Comme dans toutes instances démocratiques, l'opposition est dans son rôle mais j'en appelle toujours au bon sens des uns et des autres afin que nous soyons dans une démarche constructive. Je permets à tout un chacun de s'exprimer et de contribuer à la réflexion commune. Je convie l'ensemble du conseil municipal à des réunions d'échanges.
BIO EXPRESS
1988
Serge Smock débute en politique à l'occasion de son soutien à la candidature d'Étienne-Yves Barat pour l'élection cantonale de Rémire-Montjoly et Matoury réunies en un seul canton.
1989
Il prend sa carte du Parti socialiste guyanais 28 ans. Cette année-là, il intègre une équipe pour les élections municipales. Il est membre actif du PSG depuis trente ans.
1989 à 1995
Conseiller municipal de Matoury.
1994
Le PSG officialise sa candidature à l'élection cantonale, le seul suffrage uninominal où il est candidat.
2014 à 2017
Premier adjoint de la ville de Matoury
6 septembre 2017.
Maire de la ville de Matoury.
1983
Collaborateur au centre de coopération intercommunale.
1984
Formateur à l'Afpa puis à l'OPRF (Opérateur public régional de formation). Serge Smock a aussi été membre de l'Apatag (Association pour l'acquisition des terres en Guyane) et membre du bureau de l'UTG en 1983 lorsqu'il intègre l'Afpa.
Il est aussi arbitre officiel de football.
B. D.

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1 commentaire

Vos commentaires

Taïra 12.06.2018
mi bique mi bouc

Comment peut on être humaniste et socialiste en soutenant l'activité d'une multinationale minière ??

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