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santé

Plus de 200 médicamentsen pénurie en Guyane

Samir MATHIEU Vendredi 23 Août 2019 - 03h20
Plus de 200 médicamentsen pénurie en Guyane
Pénurie - dr

C’est un constat alarmant que dresse FA Guyane. Plus de 200 médicaments sont en pénurie en Guyane à l’heure actuelle. Des personnes atteintes de cancers sont obligés d’interrompre leur traitement à cause de la situation. Patients et professionnels sont désarmés. Explications.

Des médicaments sont en pénurie en Guyane. Il s’agit d’une pénurie nationale au niveau des laboratoires pharmaceutiques qui a des répercutions sur notre territoire. En 2018, l’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) a relevé 868 signalements de tensions ou de ruptures d’approvisionnement. Pour certains traitements, il n’existe pas d’alternative. «  Les malades ont subi de multiples pénuries concernant des médicaments du cancer, des antibiotiques, des corticoïdes, des vaccins, des traitements de l’hypertension, des maladies cardiaques, du système nerveux…  », ont alerté dimanche des médecins dans le Journal du Dimanche. Le collectif, emmené par le professeur Jean-Paul Vernant, indique que l’ANSM a relevé 20 fois plus de ruptures qu’en 2008. Le problème c’est que certains de ces traitements sont d’intérêt thérapeutique majeur (MITM) et n’ont la plupart du temps pas d’alternative. Cette pénurie s’explique non pas sur le plan médical mais en raison d’enjeux économique et géopolitiques.

Les raisonsde la pénurie

Ces raisons, c’est Patrick Folie, le dirigeant d’Ubipharma, l’un des deux seuls grossistes de produits médicaux du département, qui fournit les 50 pharmacies de Guyane, qui nous les détaille. Les médicaments victimes de pénurie sont paradoxalement «  peu coûteux car ils sont anciens et sont tombés dans le domaine public ce qui fait qu’ils sont beaucoup moins rentables pour les laboratoires pharmaceutiques  », explique Patrick Folie. Ce sont quasi exclusivement les génériques qui prennent alors le relais. Mais ces médicaments constituent toujours l’essentiel de la pharmacopée. La production des principes actifs (princep) de 80 % des médicaments passés dans le domaine public a été délocalisée en Inde et en Chine, ajoute le dirigeant d’Ubipharma qui précise que «  les marchés asiatiques sont beaucoup plus porteurs et donc rentables ».

Le fait qu’il soient fabriqués en Inde ou en Chine engendre des économies d’échelles. C’est une sorte de délocalisation industrielle de la fabrication des médicaments. L’autre raison, c’est que «  les génériqueurs travaillent à flux tendus  », rappelle Patrick Folie. Donc, les trois raisons (baisse de rentabilité, délocalisation en Inde et en Chine et des génériques à flux tendus) sont imparables et entraînent inexorablement des pénuries de médicament.

« En fin de chaîne »

En Guyane, «  les médicaments à base de cortisone sont particulièrement concernés par ces pénuries  », selon Patrick Folie, qui évoque aussi des traitement anti-cancéreux. «  En Guyane, des malades atteints de cancer ont été contraint d’arrêter leur traitement en raison  » en raison des pénuries. Il faut savoir que la Guyane, comme Mayotte, sont en fin de chaîne en ce qui concerne les livraisons. Il faut 2 mois et demi en bateau pour que les produits arrivent en Guyane et une semaine par avion, pour les traitements les plus urgents. Patrick Folie rappelle aussi le rôle des politiques de santé avec un effet pervers occasionné suite aux mesures adoptées pour lutter contre la vie chère : « En fin d’année, les laboratoires font volontairement des ruptures pour ne pas dépasser les quotas de médicaments destinés à être remboursés. »

Samir MATHIEU

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