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Où en est le plan d’urgence ?

G.T. (avec AFP) Jeudi 4 Avril 2019 - 10h35
Où en est le plan d’urgence ?
Vendredi 21 avril 2017. Signature de l'Accord de Guyane à la préfecture entre les représentants du collectif, les élus locaux, les parlementaires et le préfet de Guyane de l'époque. De gauche à droite : Gabriel Serville (député), Chantal Berthelot (députée), Georges Patient (sénateur), Davy Rimane représentant du collectif Pou Lagwiyann Dékolé, Martin Jaeger (préfet), Rodolphe Alexandre (président de la Collectivité territoriale de Guyane) / photo d'archives FA Guyane

Le premier volet de l’Accord de Guyane comporte trente mesures. Deux ans après, qu’est-ce qui a été mis en place ?

Sécurité

L’insécurité a été l’un des principaux facteurs de déclenchement du mouvement social de 2017. Pour y répondre, les effectifs de la gendarmerie ont été augmentés : plus de 70 nouveaux postes ont été affectés en Guyane et un escadron de gendarmes mobiles a été pérennisé depuis 2017. Les dernières recrues promises par l’État devraient arriver dans le courant de l’année. Les effectifs de la police aux frontières ont été augmentés de 23 postes depuis le mouvement social.

L’échographe installé dans le but d’endiguer le trafic de cocaïne à l’aéroport de Félix-Éboué n’est toujours pas en service, faute de radiologue pour le faire fonctionner. Les collectifs à l’origine du mouvement social réclament toujours l’installation d’un scanner corporel, comme au Suriname.
Justice

La ministre de la Justice, Nicole Belloubet, a acté la construction du centre pénitentiaire et celle du tribunal de grande instance de Saint-Laurent, lors de sa visite en Guyane, en septembre. L’État s’apprête à acquérir des terrains à la crique Margot pour lancer les travaux.

Le projet de cité judiciaire à Cayenne a aussi avancé : l’État a acquis un terrain à Rebard en décembre afin d’entamer le chantier. La livraison est prévue dans cinq ou six ans, après les études et concertations qui s’imposent, soit entre 2024 et 2025.
Éducation

Les feux sont au vert pour le versement des 50 millions d’euros par an pendant cinq ans pour la construction de collèges et de lycées. Mais certains chantiers n’avancent pas comme prévu. L’emplacement du lycée de Matoury n’a toujours pas été défini, au risque de ne plus pouvoir mobiliser les financements dans les délais imposés. Les travaux de la cité scolaire de Saint-Georges devraient débuter d’ici à quelques mois, tout comme les chantiers du collège de Saint-Laurent et du lycée de Macouria. Le cabinet d’architecte pour la construction d’un lycée devant accueillir plus de 800 élèves à Maripasoula a été choisi et l’appel d’offres pour le collège de Grand-Santi a été lancé.

L’engagement de faire passer de 10 à 15 millions d’euros par an la dotation de l’État aux communes pour construire et rénover des écoles pendant dix ans devrait aussi être tenu. En 2019, Matoury, Grand-Santi, Cayenne, Montsinéry-Tonnégrande, Mana et Rémire-Montjoly devraient en profiter et l’ensemble de la dotation devrait être utilisée. Mais aucun établissement scolaire ne devrait sortir de terre avant 2021, compte tenu des délais nécessaires à leur construction.
Santé

À Kourou, le centre médico-chirurgical est devenu un établissement public. Il a depuis été transformé en centre hospitalier.

À Cayenne, 20 millions d’euros ont été versés pour payer les fournisseurs du centre hospitalier, auxquels doivent s’ajouter 40 millions sur cinq ans pour l’investissement.
Finances

Les mesures en faveur de la Collectivité territoriale de Guyane ont été réalisées : l’avance de 4,5 millions d’euros afin de payer les transporteurs a été réglée dès 2017, tout comme la subvention exceptionnelle de 53 millions en soutien à l’économie locale. L’État a aussi compensé le transfert aux communes la part du produit de l’octroi de mer, pour un montant de 27 millions, et repris entièrement à son compte le revenu de solidarité active (RSA) au 1er janvier.

En revanche, le pacte fiscal et social pour la Guyane n’a pas pris la tournure escomptée par le patronat local. Une refonte de l’écosystème économique ultramarin a été opérée dans le cadre des lois de finances et de financement de la Sécurité sociale pour 2019. La présidente du Medef, Thara Govindin, estime que «?la spécificité de la Guyane n’a pas été prise en compte?» dans le cadre de la réforme de l’exonération Lodeom (loi pour le développement économique des Outre-mer) bénéficiant aux employeurs. Sur le plan fiscal, elle attend, pour se prononcer, de connaître les taux qui seront appliqués dans les zones franches d’activité nouvelle génération. Le patronat a désormais un nouveau cheval de bataille : la mise en place d’une TVA ultramarine pour remplacer l’octroi de mer sans pour autant affaiblir les recettes des collectivités.
Foncier

La cession gratuite à la Collectivité territoriale et aux communes de 250 000 hectares semble être au point mort. En revanche, les demandes des collectivités pour leurs projets continuent d’être traitées au cas par cas par l’État. S’agissant de la rétrocession des 400 000 hectares de terre promis aux peuples autochtones (5 % du territoire), la préfecture, la CTG et les représentants autochtones achoppent autant sur le fond que sur la forme dans ce dossier foncier hors norme. Le rapport d’une mission de haut niveau mandatée par le gouvernement se fait attendre. Annoncées pour novembre 2017, les conclusions n’ont toujours pas été rendues. Aucune réunion de concertation mensuelle sur le sujet n’aurait été organisée depuis le début de l’année, d’après le vice-président du Grand Conseil coutumier, Christophe Pierre. La préfecture et les représentants autochtones se renvoient la balle pour expliquer ce retard.
Aménagements

Le maître d’œuvre pour le chantier du dédoublement du pont du Larivot devrait être sélectionné cette année. Le démarrage des travaux est envisagé à partir de 2020, pour une durée de trois ou quatre ans. Les travaux de dédoublement de la RN1, entre Balata et Macouria, ne démarreront pas avant 2021-2022. Pour le reste, il faudra attendre au plus tôt 2021 pour voir les premiers coups de pelle.
Évolution statutaire

Une commission doit se réunir samedi pour rédiger le préambule au Projet Guyane qui doit servir de base à la consultation populaire sur le statut du département que l’État a promis d’organiser. Le temps presse puisque l’objectif est d’intégrer ce projet à la révision constitutionnelle qu’entend porter Emmanuel Macron cette année.

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2 commentaires

Vos commentaires

g6d 04.04.2019
Plus d'1 milliard

Parce que certains ont dû croire que le milliard promis allait permettre de construire des collèges, des lycées et des routes tout de suite?Dommage pour ceux qui croyaient que cet argent irait directement dans leur poche pour changer de 4X4.

Répondre Signaler au modérateur
aucun 04.04.2019
La Cène

Excellente la photo, on dirait "La Cène" : https://fr.wikipedia.org/wiki/La_C%C3%A8ne_(L%C3%A9onard_de_Vinci)

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