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"Fanny J c'est un personnage, au-delà de la personne que je suis"

Entretien réalisé par Audrey Virassamy (le Mag) Lundi 8 Janvier 2018 - 10h00
"Fanny J c'est un personnage, au-delà de la personne que je suis"

Après deux années loin des feux des projecteurs, Fanny J a commencé, depuis juillet 2017 à revenir sur le devant de la scène. Depuis, elle a sorti un single, Toi et moi, et a entamée une tournée aux Antilles-Guyane. Son show chez nous, juste avant Noël, a enflammé un public nombreux au Zéphyr.

Vous revenez après une pause de deux ans. Certains artistes, lorsqu’ils choisissent de s’arrêter, puis de revenir, le font avec un album. Vous avez préféré la scène. Pourquoi ?
J’avais envie de retrouver des sensations. Au bout de deux ans, il y a des choses qu’on oublie. Ce n’est pas comme le vélo ! On oublie comment ça fait d’être face à un public. Les petits mécanismes qu’on avait gagné au fur et à mesure, on les perd : comment se mouvoir, comment faire participer le public, comment faire la transition entre tel ou tel son… Du coup, il fallait que je réapprenne tout ça pour aussi me réapproprier mon personnage. Parce que Fanny J, c’est un personnage, au-delà de la personne que je suis. Une fois qu’on a senti que c’était le bon moment, on a commencé à caler des concerts, et puis retourner en studio pour faire de nouvelles chansons.

Pendant ces deux années, est-ce que vous avez écrit, composé, chanté, fait des choses en rapport avec la musique ?
Si, j’en ai fait, mais pas en rapport avec le zouk.
Qu’avez-vous fait ?
J’ai écrit beaucoup de gospel, de louanges, des choses comme ça. Je me suis essayée aussi sur d’autres styles, mais que pour moi.
Vous aviez besoin de ces deux années que pour vous ?
Oui, vraiment. Je le dit souvent, je n’avais plus rien à offrir. Et quand on est artiste, je pense qu’à un moment c’est beaucoup plus intelligent de s’arrêter. Moi, c’est le choix que j’ai fait : m’arrêter pour me recentrer sur moi.
Pour vivre des choses, tout simplement ?
Juste pour savoir qui on est. Parce que le métier qu’on fait, nous enlève une partie… (elle se reprend). On n’a plus de vie privée. On appartient aux autres. Du coup, c’est difficile de savoir qui on est, où on veut aller, ce qu’on ne veut pas.
Comment arriver à faire ça ?
Moi, il m’a fallu deux ans pour y arriver, pour me dire : « OK, là, maintenant, tu es cette personne-là, tu es telle artiste. Il y a des choses que tu veux et d’autres que tu ne veux pas ; tu peux te faire comprendre si tu n’y arrives pas. Tu es assez grande pour prendre ce qui va avec, notamment les critiques. »
Pendant ces deux ans, vous avez notamment repris vos études…
Je me suis lancée dans une licence de droit, que je continue aujourd’hui.
Ce qui vous oblige à faire concilier la vie de la chanteuse Fanny J et celle de l’étudiante que vous êtes…
C’est ça. Ce sont deux choses différentes, mais complémentaires. Quand je n’avais que la musique, je me sentais fébrile et un peu bancale parce que j’ai d’autres ambitions. Je n’ai jamais rêvé d’être chanteuse.
Ça vous est un peu tombé dessus alors que vous étiez très jeune…
Exactement. J’avais d’autres aspirations. Je voulais devenir professeur de musique ou d’histoire ou d’anglais. Finalement, je me suis retrouvée embringuée dans une carrière qui fonctionne, certes, mais qui ne correspond qu’à une partie de moi.
Lors de notre dernier entretien, avant votre pause, nous avions parlé de votre titre Soleil, qui, pour vous évoque votre foi. Est-ce que justement, cette évolution de votre foi a changé votre façon d’aborder la musique ?
Bien sûr. J’ai toujours été chrétienne, mais c’est vrai que la foi m’a permis de supporter et de relativiser beaucoup de choses. Quand il y a des difficultés, je sais que je peux m’appuyer sur quelque chose de plus grand que moi-même.
Et rester en Guyane, durant ces deux années, c’était important pour vous ?
C’était important pour se rapprocher de la famille, pour se ressourcer parce que je suis née ici, j’ai vécu la majorité de ma vie ici. Mes amis sont ici. C’est comme ça que j’ai pu faire un vrai un vrai reset.
Malgré votre jeunesse, vous êtes déjà un exemple pour d’autres jeunes chanteuses. Qu’est-ce que cela vous fait de le savoir ?
Ça fait plaisir, mais en même temps…
C’est une responsabilité ?
Oui. Et je n’aime pas trop en fait, parce que je ne me perçois pas comme un modèle pour les autres. On dit qu’on a toujours une vision déformée de moi-même mais moi j’ai simplement l’impression de faire ce que j’ai à faire et c’est tout. Je ne veux pas qu’on me prenne en mauvais exemple. Mais quand c’est en bon exemple aussi, ça fait beaucoup de choses à porter, surtout quand on ne fait pas les choses dans cette optique-là.
Il y a quelques jours, votre maison de production (celle qu’elle dirige avec Warren, ndlr) a sorti, en simultané, trois nouveaux titres, dont un duo avec Joyce… Comment vous êtes-vous retrouvées sur ce projet ?
Moi j’ai grandi en chantant ses chansons : À la dérive, puis Cette nuit avec Ridge et son morceau en solo Va t’en… J’ai toujours aimé cette fille-là et j’ai toujours dit qu’elle avait la plus belle voix de Guyane. C’est une artiste exceptionnelle et c’était pour moi un honneur de travailler avec elle. Je l’ai fait dès que j’en ai eu l’opportunité. D’ailleurs, notre duo, c’est l’un des premiers que nous avons fait. Ma conscience est un morceau qui nous a été proposé par Warren qui l’a écrit. Il a travaillé avec le compositeur Thierry Delannay. C’est lui qui a fait Ancrée à ton port, Je l’aime et Okay.
Et aujourd’hui, que pense Fanny Jacques-André Coquin de l’artiste Fanny J ?
Aujourd’hui, je me sens en phase avec l’artiste. Parce que l’artiste est plus près de la personne aussi. C’est ça le truc : amener le public à apprécier l’artiste que je suis mais aussi la personne que je suis. Parce qu’on fait souvent l’amalgame. Quand tu arrives sur scène et que tu te la joues parce qu’il faut que tu te la joues, les gens s’imagine que c’est la personne qui est comme ça.
Quels sont vos objectifs pour l’année 2018 ?
Réussir à concilier toutes mes passions. Et puis rester la personne que je suis. Ne pas me dénaturer, quelles que soient les circonstances, en dépit de tout ce qu’on pourrait penser et dire de moi.
 
 
Enflammée par la scène locale
Fanny ne rate pas une occasion de parler des artistes qu’elle admire. Et particulièrement des artistes locaux. « Je suis obligée de saluer les performances de Bamby et Jayanai. Ce qu’ils font actuellement, c’est juste énorme. C’est un label indépendant qui a réussi à entrer sur le réseau national par ses propres moyens et ça c’est génial. Après, il y a plein d’autres artistes locaux qui fonctionnent bien dans l’Hexagone et aux Antilles : Poplane, Dana di Baddest, Ken Vybz, Chinee Queen aussi, que j’embrasse particulièrement. J’écoute tout ça et ça fait plaisir. La scène locale, aux Antilles, en France, c’est whaou. On commence à se dire « tiens, en Guyane, il y a un bon petit vivier. Et ça, c’est super. »
 

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