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Lil Guerrier en Jamaïque à la recherche des racines du reggae

Angélique Gros Mardi 5 Juin 2018 - 18h32
Lil Guerrier en Jamaïque à la recherche des racines du reggae
Little Guerrier en compagnie des elders en Jamaïque © DR

Un album en préparation, deux singles sortis depuis le début de l’année, Little Guerrier continue à être un des artistes les plus prolifiques de la scène reggae guyanaise. Avec Rastafari Way, son nouveau titre enregistré en Jamaïque, il opère un retour aux sources du reggae.

Vous revenez tout juste de Jamaïque avec une nouvelle chanson : Rastafari Way. C’est le premier titre que vous enregistrez là-bas, qu’est ce qui vous y a mené ?
C’est le fruit d’un voyage spirituel que j’ai fait pour rencontrer les anciens du mouvement rastafari. Chaque année on commémore l’esprit de Nyabingi (1), et c’est pourquoi je suis parti pendant presque trois semaines de fin mars à mi-avril. J’avais un premier contact avec Raf ivi, un disciple de Ras Boanerges dit « Congo watu », pionnier du mouvement rastafari qui a établit le culte Nyabingi dans toute la Caraïbe, et c’est de là que j’ai pu visiter différentes villes et tabernacles en Jamaïque.  Les rastas n’ont pas d’église mais des tabernacles. C'est un endroit où on se retrouve pour montrer notre dévotion et chanter des cantiques. À partir du 5 avril on a commencé à rencontrer des artistes puis on est allés en studio et on a fait un son en collaboration avec un label de là-bas. 
Etait-ce votre premier voyage de ce type ?
Non, quelque soit le pays que je visite, je cherche toujours à savoir où les Rastas se retrouvent. Je suis quelqu’un qui vit rastafari et le pratique tous les jours. J’ai déjà fait des voyages de ce type en Éthiopie mais c’est la première fois que je le vivais en Jamaïque.
Pourquoi le faire maintenant ?
L’envie d’aller en Jamaïque pour faire de la musique a toujours été là, mais mon agenda est assez chargé et l’occasion ne s’était pas vraiment présentée. Donc là c’était le bon moment et l’opportunité, car le 3 avril dans le calendrier rastafari est une date de commémoration en l'honneur d'Hailé Sélassié. Je voulais vraiment aller vivre ça sur la terre du reggae.
Comment avez-vous procédé pour créer le morceau Rastafari Way ?
J’ai commencé par faire un à capella sur du nyahbingi (tambour, ndlr) et de là on a construit l’instrumental qui va avec avec le frère Deano Damion Martin et Bongo Shem, que j’ai rencontré au tabernacle quand on y dormait. J’ai passé toute une journée là bas pour construire la chanson, écrire, chanter, interpréter et mixer pour finir le lendemain de tourner des scènes pour le clip.

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Quels souvenirs gardez-vous de ce voyage ?
C’était un voyage riche en émotions, j’ai rencontré Ras Pinto, Ivi et le chanteur Sizzla Kalonji, qui a construit son propre tabernacle et qui est en train de construire son musée. Voir comment eux, font la musique, l’union qu’ils mettent autour, c’était une expérience musicalement inspirante. Pendant que j’enregistrais par exemple il y a quelqu’un qui s’occupait de faire à manger, un autre qui m’aidait à trouver la vibes, il y a vraiment une union autour de la création de la chanson. C’est une autre manière de fonctionner. Il n’y a peut être pas énormément de techniques mais il y a un ressenti. Ils créent vraiment par rapport à ce qu’ils ressentent. Ils valorisent sutout le côté vrai de la musique !
Est-ce que ce titre est un appel à la paix face à la violence qui touche la Guyane et à l’instabilité au Suriname, dont vous êtes originaire ?
C’est une chanson universelle, j’ai toujours été un artiste qui prône l’amour. Le chemin de rastafari c’est l’amour, sans la violence, sans l’hypocrisie. Le message fort c’est que nous sommes les défenseurs de la vie et qu’on doit continuer le combat avec toujours plus de sagesse et de force.
Récemment vous avez sorti le single Jump fi Joy avec le Saint-lucien Mystikal Heights et le reggaeman reconnu internationalement Warrior King. Quelle est la génèse de cette collaboration ?
Je connais Warrior king depuis dix ans et ça s’est fait spontanément car on s’est croisé durant ma tournée en Martinique. On a invité Mystikal Heights et on a créé un titre sur le riddim de High Wouler’s.
More love, votre cinquième et dernier album est sorti en 2016. Un nouvel album est-il prévu pour bientôt ?
Disons que je travaille tous le temps sur des chansons. Il est déjà près au niveau de la couleur, de l’écriture et de la vibration mais il n’est pas encore prêt à sortir.

Votre dernier album penchait un peu vers la world music est-ce que vous opérez un retour vers le reggae roots ? 
Je vais voir comment ça va au fur et à mesure. Ce sera un peu plus live… Ce sera du roots mélangé avec du jazz caraibéen.
Quels sont vos projets ?
J’ai d’autres enregistrements programmés. Après mon dernier album More love on a décidé de sortir plusieurs singles avec la vibration du moment. On a commencé en novembre avec Chez moi, puis Jump fi joy en début d’année et Rastafari way en mai. Le clip de ce dernier titre sera mis en ligne dans le courant du mois de juin. J’ai un nouveau titre en créole prévu pour bientôt aussi. Cinq titres en solo vont sortir tous les trimestres d’ici la sortie de l’album. En ce moment on répète à Amsterdam avec le backing band et on prépare déjà la réalisation des autres clips. Il y a des vidéo shooting qui se feront en Europe, en Guyane et aux Antilles.
Vous avez donné un concert à la Foire de Paris, début mai, quand est-ce que les guyanais pourront vous voir sur scène pendant les vacances ?
Ce serait avec plaisir mais je ne sais pas encore. Je reviens en Guyane du 15 juin jusqu’au 20 juillet, date à laquelle je serai en tournée dans les Antilles pour des concerts acoustiques, sound system et live avec le backing band.
Vous êtes président du label associatif Atipa Records, quelles sont les sorties prévues pour bientôt ?
La compil Natural connexion réalisée en collaboration avec Paille, Sista Rudo, Yaniss Odua, Tiwony, Sizzla, etc. sort en juillet ou en août. L’album de Sista Rudo est fini et il y a au moins un single avec un clip qui va sortir d’ici la fin de l’année. On va aussi sortir un album du rappeur Nel-k d’ici la fin de l’année.

(1) Nyabinghi est la branche la plus ancienne des différentes tendances qui forment aujourd'hui le mouvement Rastafari.

 
Little Guerrier et Bongo Shem (à droite), un des compositeurs de Rastafari Way © DR -

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