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Vous avez la parole

Vive inquiétude à propos de l'AEX Crique Nelson

Vendredi 06 juillet 2018
Après l'usine de cyanuration d'Auplata, le permis de recherche « Orapu » accordé à IAMGOLD, qui expulsée par la grande porte en 2008 revient par la fenêtre dix ans plus tard, le spectre de la Montagne d'or et d'autres mines industrielles, un nouveau projet incohérent pour le développement durable de la Guyane prend forme : le projet minier de la Crique Nelson sur le Kourou validé par l'État et les élus locaux. La commission consultative du conseil départemental de l'environnement et des risques sanitaires et technologiques présidée par le préfet de Guyane a statué favorablement, samedi, pour le projet minier de la SAS Trajan sur la Crique Nelson. Cet accord repose sur un avis favorable de l'Agence régionale de santé (basé sur un rapport de cinq pages réalisé par un hydrogéologue agréé extérieur) et à six avis favorables tacites (absence de réponse : le maire de Kourou, les Forces armées de Guyane, la gendarmerie nationale, la direction des affaires culturelles, la Caisse générale de la sécurité sociale, la direction des entreprises, de la concurrence, de la consommation, du travail et de l'emploi) sans qu'aucune de ces parties ne prenne en considération « le principe de précaution » .
Pour rappel, ce projet concerne la remobilisation des sols pour extraction aurifère sur une AEX (superficie de 2 km de long et 500 m de large), de part et d'autre de la crique Nelson dans le bassin versant du Kourou, aux abords du lac de Petit Saut, à environ 30 km en amont du captage d'eau du Dégrad Saramaca, ainsi qu'à 20 km du premier camp touristique. De par sa nature, cette activité implique un relargage de métaux naturellement présents dans le milieu notamment de mercure, plomb, cadmium, cuivre et arsenic ainsi qu'un apport non négligeable de matières en suspension et de dépôts sédimentaires dans le lit de la crique. Parmi les effets indésirables qu'ils causeront sur le bassin versant récepteur, on peut noter l'augmentation du mercure dans les poissons, une diminution de la biodiversité aquatique, un changement de la couleur de l'eau. Rappelons que les abords de Petit Saut sont protégés par un arrêté faune-flore. Il est donc surprenant d'ouvrir une piste dans ce secteur sous forte influence de passage d'orpailleurs clandestins.
Ces pollutions sont non conciliables avec une activité économique écotouristique et une zone de droit d'usage présentes aux abords de la future exploitation. Rappelons aussi que le fleuve Kourou abrite six camps touristiques et que la principale activité touristique de la Guyane se situe dans ce secteur. À titre d'exemple possible pour l'avenir : les camps touristiques sur le fleuve Inini en amont de Maripasoula ont arrêté leurs activités suite aux pollutions continues des activités minières car les eaux étaient troubles et polluées. Il faut savoir que les arrêtés de protection de la zone de captage en Guyane datent des années 1980, à l'époque où aucune activité économique n'existait. Cette nouvelle autorisation est en contradiction avec la directive européenne sur l'eau qui implique la non dégradation de la qualité des cours d'eau. Par ailleurs, elle marque l'implantation de l'activité minière légale sur l'un des rares grands bassins versants du territoire encore épargné par ce secteur d'exploitation. Ce projet minier fait courir un risque non négligeable en termes d'alimentation en eau potable, puisque en cas d'accident, ce sont les villes de Cayenne, Kourou et Macouria qui seront durablement privées d'eau potable. Enfin, l'AEX risque de faire augmenter le coût de traitement de l'eau potable pour l'abattement des particules fines, qui sera de fait répercuté sur la facture du consommateur. Tout cela pour satisfaire encore une fois des intérêts privés. »
Harry HODEBOURG

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