France-Antilles et ses partenaires utilisent des cookies pour le fonctionnement de leurs services, réaliser des statistiques d’audience, proposer des contenus et publicités personnalisés. En utilisant ce site, vous consentez à cette utilisation. En savoir + et gérer ces paramètres. OK
  • Partager cet article sur Facebook
  • Partager cet article sur Twitter
  • Partager cet article sur LinkedIn
  • S'abonner aux flux RSS de France-Antilles.fr

La Nouvelle-Calédonie fait le choix de la France

AFP Dimanche 04 novembre 2018

Un enfant porte un drapeau indépendantiste calédonien lors d'un meeting du FLNKS à Nouméa, le 30 octobre 2018

- Theo Rouby (AFP/Archives)

La Nouvelle-Calédonie a fait le choix dimanche de rester dans la France, selon des résultats partiels, au terme d'un référendum historique qui n'a pas empêché quelques débordements dans la soirée.

Selon des résultats partiels portants sur 128.618 bulletins dépouillés sur un total de près de 175.000 électeurs, le non à l'indépendance l'emporte avec 59,68% des voix contre 40,32% pour le Oui, a indiqué le Haut-Commissariat. La participation a été massive, avec environ 80% de votants.

La chaîne Nouvelle-Calédonie la 1ère avait annoncé un peu plus tôt 59,5% des voix pour le maintien dans la République, selon des résultats partiels portant sur 70% des bulletins dépouillés.

Les sondages prédisaient une large victoire du non, dans une fourchette de 63 à 75%. Des résultats encore à venir du grand Nouméa pourraient faire remonter le score loyaliste pour le non.

Plusieurs voitures ont été brûlées et deux "faits de caillassages" ont été signalés dimanche soir, en marge du dépouillement du scrutin, a-t-on appris auprès du Haut-commissariat. Les principaux responsables politiques avaient souligné en amont du scrutin qu'une victoire du non pouvait inciter une partie de la jeunesse kanak, marginalisée, à des débordements.

Les électeurs de cet archipel français, colonisé en 1853 et disposant d'importantes réserves de nickel, étaient appelés à dire s'ils voulaient ou non "que la Nouvelle-Calédonie accède à la pleine souveraineté et devienne indépendante".

Le référendum est attentivement surveillé par Paris, à 18.000 km de là. Le président Emmanuel Macron doit s'exprimer à la télévision à 13H00 dimanche (23H00 heures locales) à l'issue de la proclamation définitive du résultat.

A la mairie de Nouméa, Chanel Cinédrawa, paysagiste de 43 ans, a voté indépendantiste, car "c'est le combat de nos vieux, il faut honorer leur mémoire, c'est une fierté de porter nos couleurs", dit-il.

De nombreuses procurations faites par des Calédoniens de métropole ne sont pas arrivées à temps, a déploré Sonia Lagarde maire de Nouméa, confrontée à d'incessantes réclamations à ce sujet toute la journée.

Cette consultation, prévue par l'accord de Nouméa signé en 1998, est destinée à poursuivre le travail de réconciliation entre Kanak, peuple autochtone du territoire, et Caldoches, population d'origine européenne, entamé avec les accords de Paris de 1988. Ces derniers avaient été signés après les violences des années 1980 qui avaient culminé avec la prise d'otages et l'assaut de la grotte d'Ouvéa en mai 1988, faisant au total 25 morts.

Pour rendre ce scrutin incontestable, 250 délégués dépêchés par l'Etat et des experts de l'ONU étaient présents dans les bureaux.

Dans celui de l'école Candide-Koch, dans le quartier de la Vallée des colons à Nouméa, une longue file d'attente a été constaté dans la matinée. "Mon choix a été fait depuis longtemps, c'est un choix pour la France, pour les garanties qu'elle apporte. C'est l'assurance, la sécurité", explique Patrick Levenchaud, fonctionnaire de 54 ans.

- Impatience -

A l'école Gustave-Mouchet, dans le quartier populaire de Montravel, la population, à majorité kanak, a fait aussi la queue: "C'est un geste symbolique", explique Alain, 46 ans, qui travaille à la Société Le Nickel (SLN), plus grand employeur privé de Nouvelle-Calédonie. "C'est le premier vote qui va définir vraiment le pays."

Les trois partis loyalistes, très divisés, défendent le maintien dans la France. Ils mettent en avant la protection de la France et ses 1,3 milliard d'euros d'aides annuelles, et espèrent que ce premier référendum sera aussi le dernier alors que l'accord de Nouméa prévoit la possibilité de deux autres consultations dans les quatre ans. Mais ils entendent continuer à dialoguer avec les Kanak et l'Etat.

Si le Oui l'avait emporté, le FLNKS (indépendantiste) avaiot précisé qu'il ne souhaitait pas une rupture avec la France, mais une indépendance en partenariat avec elle.

Pour le Premier ministre Edouard Philippe, qui arrive sur le Caillou dès lundi, ce référendum marque "le début de la Nouvelle-Calédonie qui veut construire un avenir".

- Inégalités criantes -

Selon Paul Fizin, docteur en histoire, en dépit de trente années de rééquilibrage économique et social en faveur du peuple premier, les inégalités restent criantes. Échec scolaire, chômage élevé, habitat précaire... "il y a encore des problèmes d'intégration et un sentiment d'injustice prégnant dans la société kanak", dit-il.

Une partie de la jeunesse kanak, marginalisée, a sombré dans la délinquance. Les deux camps craignent leur réaction si le non l'emporte. La vente d'alcool dans les commerces a été interdite ce week-end, les effectifs de gendarmerie ont été étoffés et la prison de Nouméa a renforcé sa capacité d'accueil.

Les états-majors politiques ont recommandé la discrétion à leurs militants. Mais rien ne dit que certains pro-français n'iront pas fêter ostensiblement leur victoire annoncée.

Pour transmettre un commentaire, merci de vous identifier (ou de vous inscrire en 2min)

Mot de passe oublié?
Inscription express
11 commentaires

Vos commentaires

Ergo sum 04.11.2018
Vae victis

Voilà le sort de tous les peuples qui se trouvent minorités chez eux. Indigénat franche suivi d'indigénat "démocratique" plus hypocrite et encore plus efficace.
C'est comme faire voter les Américains sur la restitution des terres aux Amérindiens...

Répondre Signaler au modérateur
dtc97300 05.11.2018

Ou faire voter la créolie pour la restitution aux amérindiens ?

Répondre Signaler au modérateur
Ergo sum 05.11.2018

Votre question est encore fourbue comme d'habitude, car c'est le gouvernement qui bloque toute restitution, même symbolique, aux Amérindiens.
Les Créoles ne sont pas autochtones mais natifs et résultent des couilles et de la cupidité esclavagiste de vos ancêtres, dtcMonsieurguyane. Vous êtes donc mal placé pour les critiquer de toute manière.

Répondre Signaler au modérateur
dtc97300 05.11.2018

Faut pas s’énerver mon mignon...mes ancêtres créoles vous saluent bien vous et votre boule de cristal. La bise...:-)

Répondre Signaler au modérateur
Ergo sum 05.11.2018

Désolé, mais vos désirs resteront inassouvis car je suis hétérosexuel et pas du tout nécrophile, contrairement à votre lignée. Laissez vos ancêtres néfastes dans leurs trous.

Répondre Signaler au modérateur
MOMO66 04.11.2018
Les colonies

Le contraire aurait été étonnant.

Répondre Signaler au modérateur
Citoyendeguyane 04.11.2018
Impots

Et cela coute 1.5 milliards d euros par an a la france

Répondre Signaler au modérateur
dtc97300 04.11.2018

Pour ma part ravi de payer des impôts pour nos territoires outre-mer, pour les plus démunis et même les migrants.

Répondre Signaler au modérateur
Affreux Jojo 04.11.2018

Je ne me souviens pas que la France ait été contrainte de prendre possession de cette île ?! Je me trompe ?

Répondre Signaler au modérateur
dtc97300 04.11.2018

Vous avez bien raison. Comme les créoles ici vis-à-vis des autochtones amérindiens? Maintenant on fait avec...et on doit bien supporter la réécriture historique permanente d'une minorité de tontons macoutes xénophobes. Rendez-vous pour un autre vote histoire de rappeler ce que la majorité souhaite comme en 2010. Bises...:-)

Répondre Signaler au modérateur