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Amiante au tribunal : la justice va s’en mêler

Vendredi 14 Juin 2019 - 19h44
Amiante au tribunal :  la justice va s’en mêler
Mercredi les organisations syndicales des fonctionnaires UTG–CGT-CSJ, CFDT Interco justice, Unsa SJ, FO-greffiers de France, C-justice, Unité magistrature et Syndicat de la magistrature ont rencontré la direction de l'ARS. - BERNARD DORDONNE

Le dossier de l’amiante, repéré dans les trois bâtiments du palais de justice de Cayenne, va prendre une tournure judiciaire. Mercredi, les organisations syndicales des fonctionnaires, UTG–CGT-CSJ, CFDT Interco justice, Unsa SJ, FO-greffiers de France, C-justice, Unité magistrature et Syndicat de la magistrature ont débarqué dans les locaux de l’ARS.

Mercredi, les organisations syndicales de la justice guyanaise se sont rendues à l’ARS (agence régionale de santé) pour trouver des réponses à leurs revendications. Ce jour-là, l’intersyndical a annoncé la saisine d’un cabinet d’avocats spécialisés sur les dossiers ayant rapport avec l’amiante.

à l’ARS, une délégation a été reçue par Fabien Laleu, le directeur adjoint : « Nous sortons très déçus de la réunion avec la direction de l’ARS. Malgré tous les courriers que nous leur avons adressés, c’est lors de cette réunion que M. Laleu nous apprend que l’ARS n’est pas compétente dans cette affaire qu’il faut interpeller la DIECCTE (Direction des Entreprises, de la Concurrence, de la Consommation et de l'Emploi)et la CGSS (caisse générale de Sécurité sociale de Guyane). Je pense qu’on se moque de nous », a expliqué Myriam Hodebar (UTG justice). La délégation s’est dite surprise d’entendre le directeur adjoint de l’ARS leur expliquer qu’il ne savait pas où étaient exposés les déchets toxiques d’amiantes récupérés au palais de justice, alors que la loi est très stricte concernant leur traitement.

Recherche de nouveaux locaux

Dans ce dossier, l’intersyndicale ne compte pas rester sur des échecs : « Nous nous sommes rapprochés d’un cabinet d’avocats parisiens spécialisé dans les affaires de découverte d’amiante et de plomb », a précisé l’intersyndicale. Pour donner plus de poids à cette démarche, les représentants syndicaux organisent un recensement du personnel, des magistrats, des fonctionnaires, et toutes personnes qui souhaitent se joindre à eux dans cette action.

« Pour l’heure, la liste compte une cinquantaine de personnels déterminés à saisir la justice pour poursuivre ceux qui n’ont pas fait les repérages d’amiante avant travaux ainsi que tous les responsables dans le dossier. La saisine de la juridiction administrative va permettre la nomination d’un expert judiciaire afin d’obtenir une contre-expertise pour vérifier si les travaux de nettoyage des dossiers bloqués au TGI ont été bien réalisés. Nous allons demander au tribunal administratif, que les préconisations que nous réclamons depuis la première réunion du CHSCT soient respectées, notamment la confirmation de la présence de plomb et la remise à tous les personnels, magistrats, ouvriers, avocats du TGI d’une fiche d’exposition à l’amiante.

Nous allons saisir le pôle santé public du TGI de Paris, ainsi que le parquet de Paris sur la mise en danger », a souligné Fouad Yahyaoui, représentant syndical UTG-CGT justice.

Concernant la saisine de la justice, ils invitent toutes les personnes qui sont concernées, les associations, les justiciables, les ouvriers, les avocats qui devront aussi voir avec leur client qui ont fréquenté ou qui ont été présents dans le tribunal pendant les travaux, à se joindre à ceux en se portant partie civile.

Les syndicats attendent aussi de l’administration qu’elle recherche de nouveaux locaux pour réintégrer et reloger correctement et de manière descente l’ensemble des personnels du tribunal de grande instance de Cayenne.

Nouvelle mobilisation

Concernant les recherches de locaux, Fouad Yahyaoui, de UTG-CGT justice lance un avertissement : « Nous avons eu quelques propositions mais nous tenons à avertir les chefs de cour et de juridictions que nous serons très vigilants et que nous n’allons pas accepter l’éclatement des services judiciaires dans des locaux qui ne sont pas adaptés dans une zone qui pourrait être dangereuse pour le justiciable avec une voie rapide à l’entrée des locaux. Nous sommes inquiets pour le traitement qui sera réservé aux justiciables et à la population guyanaise si les services sont éclatés. »

L’intersyndicale réclame que de réels efforts soient faits pour que les travaux de la cité judiciaire puissent être mis en œuvre au plus vite. « Aujourd’hui, la justice ne fonctionne pas en Guyane car nous ne pouvons plus servir le public. Nous ne recevons plus personnes. Nous n’avons plus la possibilité d’aiguiller le justiciable, les personnels ne peuvent plus traiter les dossiers au-delà des dossiers qui sont restés dans le TGI. Ils sont dans des conditions de travail tellement indignes et indécentes qu’ils n’arrivent plus à travailler. »

La semaine prochaine, la mobilisation concernant le scandale sanitaire suite à la découverte d’amiante dans les bâtiments du tribunal va monter encore d’un cran. Les syndicats de la justice vont s’inviter à la DIRECCTE.

Bernard DORDONNE

Amiantes : les syndicats de la justice mobilisés - BERNARD DORDONNE
Amiantes : les syndicats de la justice mobilisés - BERNARD DORDONNE
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