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« Apologie d’actes de terrorisme »: renvoi de l’audience d’Olivier Goudet

Mercredi 11 Septembre 2019 - 07h49
« Apologie d’actes de terrorisme »: renvoi de l’audience d’Olivier Goudet
"Ma tenue aujourd'hui elle symbolise vraiment comment nos anciens vivaient et étaient traités. Aujourd'hui on est là pour montrer à notre jeunesse, à nos anciens, aux gens de notre pays qu'on a de la force et de la détermination et qu'on n'a pas peur, même devant un juge" (traduction de vive voix de l'interview en créole d'Olivier Goudet) La tenue est par ailleurs une création de l'artiste Abel Adonaï. - Angelique GROS

Poursuivi par l'ex-préfet Patrice Faure et l'ex-procureur Éric Vaillant pour « apologie d’actes de terrorisme » suite à un discours en novembre dernier, Olivier Goudet s’est présenté hier au tribunal, à Cayenne. L’affaire a du être renvoyée, la défense remettant en cause la fiabilité des traductions des propos de son client, du créole au français, réalisées lors de l’enquête judiciaire.

Entraves et boulets aux pieds, mais chaînes brisées, c’est en « homme libre » qu’Olivier Goudet, leader de Tròp Violans, poursuivi pour « apologie d’actes de terrorisme » s’est présenté, hier matin à l’audience du tribunal correctionnel de Cayenne. L’affaire remonte au 9 novembre, date à laquelle Olivier Goudet manifeste devant le commissariat aux côtés de membres des 500 frères et de Tròp violans en soutien à plusieurs Grands frères, placés en garde à vue suite à l’affaire de l’évacuation du squat de la rue madame Payé. C’est par rapport à un discours prononcé ce jour-ci, dans lequel Olivier Goudet fait allusion au préfet Érignac, tué par balle en janvier 1998 en Corse par des indépendantistes que Patrice Faure et Éric Vaillant, préfet et procureur à l’époque avaient porté plainte pour menaces, provocations et apologie d’un acte de terrorisme. Seule la dernière charge a finalement été retenue.

Une traduction sous haute tension

Après un report le 25 juin pour permettre aux avocats de consulter les dossiers, l’audience, hier n'a toujours pas abordé le fond du dossier. Elle s'est centrée sur la problématique de traduction des propos du prévenu, parlé en créole guyanais puis traduit en français écrit pour les besoins de l’enquête. Comme l’a révélé Guyaweb, ce n’est pas une, ni deux, mais trois traductions différentes qui ont été produites et la défense en conteste toujours la teneur. « Notre stratégie est d’avoir enfin une traduction fidèle des paroles reprochées à monsieur Goudet car jusqu’à ce jour, plusieurs figurent au dossier, sans que personne ne soit d’accord », indique maître José Lama. Après le rejet d'une nouvelle demande de traduction, réalisée par un traducteur assermenté plutôt qu'un interprète, les avocats de la défense, ont finalement obtenu que la vidéo dans laquelle Olivier Goudet tient ces fameux propos soit visionnée au tribunal, durant le procès. Maîtres Adrien Grelet et Charles Neguede, les avocats de Patrice Faure et Éric Vaillant, absents lors de l’audience, comme le procureur Samuel Finielz ne se sont pas opposés à la demande de visionnage de ladite vidéo. Aucune mesure pour retirer cette vidéo de la page Facebook de Tròp Violans n'a en revanche encore été prise bien que les parties civiles auraient été en mesure de le demander dès le début procédure. Parmi le public, on a pu constater la présence du député Gabriel Serville, des Grands frères, des 500 frères, du Komité drapo et notamment d'Éric Louis, chef du village Kuwano.

Renvoi au 26 novembre

Afin de mettre en place le matériel technique permettant la diffusion de la vidéo et surtout d’assurer la présence d’une interprète en langue créole assermentée, la cour a décidé d’un nouveau renvoi au 26 novembre, à 8 heures.

À la sortie du tribunal plus d’une centaine de sympathisants attendaient le leader de Tròp violans. « J’estime qu’il n’y a pas d’apologie de crime terroriste, c’est un procès politique qui est inutile en Guyane, la Guyane qui a été paisible durant les événements de 2017, et là on remet de l’huile sur le feu… », déplore un des trois avocats de la défense, maître Lucie Louzé-Donzenac. Olivier Goudet encourt jusqu’à 5 ans de prison et 75 000 euros d’amende. Jeudi, le leader de Tròp violans devait également comparaître dans une affaire pour coup et blessures à l’encontre d’un policier, suite à une manifestation le 28 août, liée aux conditions de travail des assistantes familiales. L’audience a finalement été décalée au 26 septembre, Olivier Goudet ayant aussi déposé plainte contre le policier en question.

Angélique GROS

Olivier Goudet refusant de s'exprimer en français dès le début de l'audience, une traductrice (à droite) présente dans le public a accepté d'endosser le rôle d'interprète - Angelique GROS
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