Concert : Régine Lapassion revisite l’une des musiques traditionnelles guyanaises
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CULTURE

Concert : Régine Lapassion revisite l’une des musiques traditionnelles guyanaises

Par Marlène CLEOMA, m.cleoma@agmedias.fr
C'est un samedi deux en un. Régine Lapassion sort son 5e album "EP" "ORigin" et se produit en concert le même jour à l'EnCRe à 20h00
C'est un samedi deux en un. Régine Lapassion sort son 5e album "EP" "ORigin" et se produit en concert le même jour à l'EnCRe à 20h00 • D.R

Elle est ce que l’on pourrait appeler une « vocalechimiste », après trois albums de gospel, dont un en hommage à Mahalia Jackson, le 4ème « C’est le moment » avec ses compositions, Régine Lapassion revient avec un 5ème album, « EP » de cinq titres « Orijin ». Ici la chanteuse brave avec élégance le Kasékò guyanais. Elle se produit samedi 7 janvier à l’EnCRe. Nous l’avons rencontrée.

C’est Régine Lapassion qui inaugure l’antre de l’EnCRe avec le premier concert de l’année. Pour ce dernier, Régine Lapassion revisite son répertoire. Accompagnée de Denis Lapassion au piano, Laurent Loit dit « Pépé basse » à la guitare basse et de Arsène Popo à la batterie, Régine Lapassion présente « Orijin ». Un album qui rend hommage à l’une des musiques traditionnelles guyanaises, en soi « une traversée originelle dans les méandres de la musique traditionnelle de Guyane et des Caraïbes, aux confluences du jazz ».

 

INTERVIEW :
 

La Guyane est riche de par sa culture musicale et traditionnelle. Mais vous avez choisi le Kasékò pour « rendre hommage » à la Guyane. Pourquoi ce choix ?

En effet, la Guyane, ce sont les Amérindiens, les Bushinenge et les gens que l’on appelle les Créoles. Ça, c’est la base. J’ai choisi de rendre hommage à la Guyane à travers une de ses musiques, le Kasékò. C’est le genre musical emblématique de Guyane et dans lequel je me sens le mieux. J’aime beaucoup la musique traditionnelle, c’est aussi un hommage que je rends à la Guyane en utilisant le Kasékò mélangé à la musique avec laquelle j’ai grandi, le jazz, le gospel, le blues etc. Ce département m’a accueillie et mon cheminement m’a amenée à un certain moment à prendre des décisions dans ma vie, et elles ont été prises en Guyane. Beaucoup de bons changements pour moi ont été faits en Guyane. C’est donc une façon de dire merci à la Guyane.


Habituellement Régine Lapassion c’est beaucoup d’anglais…. Cette fois, vous la Martiniquaise, chantez en créole Guyanais sur cet album !

Même si je ne suis pas née en Guyane et que je ne suis pas Guyanaise, je le suis de cœur donc, j’ai choisi de chanter en créole guyanais. Les personnes qui ne sont pas guyanaises de cœur n’essaient pas de parler le créole d’ici. D’une manière générale, la langue la plus parlée en Guyane est le créole, tous ceux qui arrivent sur le département apprennent en premier lieu le créole pour se faire comprendre. Je me suis rendue compte que les Chinois, par exemple, comprennent mieux le créole que le français. Le créole c’est aussi une façon de se réapproprier sa culture.

Régine passion, elle a encore mis tout le monde d'accord. Elle n'est jamais meilleure que dans ce répertoire, celui de ses racines. Celui qui a fait qu'un jour à l'âge de six ans, elle donna uson premier concert où elle fut remarquable sur l'interprétation du célèbre " It's me o Lord" • @Archives France-Guyane

À travers cet hommage, c’est aussi une stratégie d’ouverture à l’extérieur pour vous… ?

J’ai une stratégie pour me vendre à l’extérieur de la Guyane. Le but n’est pas de faire de la musique Afro-américaine, même si mon concept de soul music existe toujours. Je peux, en effet, le vendre en Europe, aux Antilles, etc., mais pour aller dans le monde entier, notamment aux États-Unis, il n’est pas question de proposer de la soul music. Je dois vendre qui je suis. Et qui suis-je ? Une afro descendante née en Martinique vivant en Guyane. Donc je dois me présenter avec ma culture. Ceci étant, je mélange ce que je veux avec cette dernière, tout en défendant ma langue dite créole.

 

« Orijin » a été enregistré en live… question pratique ou de coût ?

Un enregistrement live, en effet, nous avons tous joué dans la même pièce et l’ingénieur du son a fait le reste. C’est pratique et ça coûte moins cher, il ne faut pas avoir peur de le dire. A la base, je suis une artiste de live, même si j’enregistre aussi en studio. Mais c’est sûr qu’au niveau de l'énergie c’est plus intéressant d’être en live et c’est plus rapide !


Le Kasékò, c’est aussi du tambour ! Et dans votre album il brille par son absence…

L’idée était d’avoir une configuration jazz, piano-basse-batterie pour donner une ouverture à la musique traditionnelle Kasékò, donc il n’y a pas de tambour. Denis Lapassion, le pianiste, m’a proposé des arrangements aux couleurs du jazz, du gospel, de la soul et de la musique afro-caribéenne avec lesquelles lui et moi avons grandi.


Revenons-en à votre concert, vous serez seule sur scène, des invités… ?
Seule, avec mes trois musiciens et deux danseuses de l’école A Bon Danse, Priscilla et Lory Faubert.



DANS LE CASQUE DE REGINE : 

Quel est le premier disque que vous avez acheté adolescente avec votre propre argent ?
J’étais déjà étudiante en musicologie quand j’ai acheté mon premier album ! Ça doit être un album d'Al Jarreau. Je me demande si ce n’était pas un album de musique classique. J’ai acheté plusieurs albums de plusieurs styles en même temps, je crois !

 

Votre moyen préféré pour écouter de la musique : MP3, autoradio, platine CD, vinyle ?
En Vinyle et sur des enceintes ce chaîne Hi-Fi, mais aujourd’hui ça n’existe plus vraiment. J’écoute au casque, c’est le meilleur moyen pour tout entendre.


Le dernier disque que vous avez acheté, et sous quel format ?
C’était en 2021, format CD, mais je ne me rappelle plus…


Où préférez-vous écouter de la musique ?
En concert !

INFOS PRATIQUES

Date : 7 janvier. Où : à L'EnCRE. Heure : 20h00. Entrée: payante, ticket en vente à 25 euros - à l'IFDM à Cayenne et sur billetweb.fr. IInfoline : 0694 26 23 17;